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CTA : Complexe de tir adapté

Le complexe de tir adapté (CTA) est un immense hangar de presque 7 000 mètres carrés. À l’intérieur, on a reconstitué une ambassade, un hôtel, une rue, un parking et d’autres constructions fréquemment rencontrées en milieu urbain. Chaque bâtiment est modulable en fonction des besoins.

Unique dans son genre en Europe, le complexe de tir adapté (CTA) est une installation destinée à l’usage exclusif des forces spéciales des trois armées qui l’utilisent dans le but de parfaire leur entrainement collectif au tir et au combat en milieu clos dans un environnement réaliste et exigeant. Dans l’enceinte du CTA, tous les tirs sont effectués à balles réelles sur des cibles placées de manière aléatoire. La configuration du bâtiment permet une variété quasiment infinie de scénarii. L’éclairage ainsi que la mise en ambiance sonore peuvent être adaptés. Des artifices permettent de simuler la riposte des éléments ennemis.

Ce complexe est géré et animé par une équipe de cadres hautement qualifiés appartenant à l’état-major du commandement des forces spéciales Terre (CFST). Cette équipe s’efforce en permanence de configurer le CTA dans le but de répondre aux besoins d’entrainement exprimés par les éléments de forces spéciales. En outre, ces cadres garantissent un niveau de sécurité optimal en veillant au respect des procédures de sécurité qui, bien qu’innovantes, se doivent d’être particulièrement rigoureuses. Ainsi, avant de pouvoir effectuer un parcours d’entrainement dans l’enceinte du CTA, les éléments de forces spéciales, déjà certifiés par leur régiment d’appartenance, sont testés au niveau individuel puis collectif. Lors de ces tests, une seule balle mise hors cible par un opérateur élimine l’ensemble du groupe.

Avec cette infrastructure, l’état-major du CFST apporte à ses régiments une réelle plus-value dans le domaine de l’entrainement au tir de combat.

Hommes de terrain

Le CTA est un vaste édifice en béton à l'intérieur duquel est reproduit un environnement de combat urbain en milieu clos. "100 mètres de long, 44 de large et 27 de haut", précise l'adjudant-chef L., l'un des concepteurs du complexe.

"Des hommes de terrain qui avaient également de bonnes notions de ce qui se faisait ailleurs dans le genre", signale le colonel Jean-Constant B.. "Nous avons eu le privilège de mettre notre expérience à profit pour permettre à nos camarades de s'entraîner", renchérit l'adjudant-chef C.l, autre "architecte" du CTA. Tous deux ont évolué sur de nombreux théâtres d'opérations, "dans tous les pays dont on parle aux actualités". Inutile d'insister, ils n'en diront pas davantage. Pas par secret professionnel, mais par modestie. Une qualité de métier : "Ca ne rend pas forcément les gens très expansifs", concède l'un d'eux.

Combat urbain. Les situations tactiques dans lesquelles les concepteurs ont pu se trouver ont ainsi été reproduites dans le CTA. Et c'est un vrai décor de cinéma qui a été construit à cette fin entre début 2001 et septembre 2002. Un décor de béton pour films de guerre, unique en Europe.

Au fond du bâtiment se trouve une ambassade dont les bureaux sont répartis sur deux étages. Devant, s'étend un large espace nu, où des véhicules peuvent se mouvoir. C'est cette étendue vierge qu'ont traversée hier les participants à la démonstration, après avoir été déposé sur le toit de l'édifice par un hélicoptère Puma. En tirant à balles réelles sur des cibles fixes.

Tout le long de l'enceinte, une ligne phosphorescente marque la limite de tir. "Ce n'est pas le métier de tout le monde de tirer dans des bâtiments comme cela", explique le Colonel B.

Tous les scénarios d'intervention peuvent être imaginés : dans un hôtel, véritable labyrinthe de six étages, dans le hall d'un aéroport ou d'une gare et même dans un supermarché.

Le CTA pourrait devenir à terme un outil de coopération internationale et nationale également au profit du GIGN et du RAID.

Académie FS

À Pau, la création du pilier formation du centre Arès marque un changement profond dans les moyens mis à disposition pour l’instruction des unités de la brigade. Véritable pôle de formation transverse, Arès a vocation à accueillir les segments du tronc commun des unités des forces spéciales Terre que l’on souhaite mutualiser. Demain, l’ambition est de mutualiser des formations de cursus et de spécialité, comme celle des cadres qui rejoignent les FST ou celles dans nos pôles d’excellence, à l’instar du contre-terrorisme terrestre. Pour autant "il n’est pas question de se substituer aux centres de formation délégués des régiments, affirme le lieutenant-colonel Mathieu, chef de la division formation. Chaque unité a des domaines de compétences qui lui sont propres, mais réunir les stagiaires de chaque régiment permet de leur apprendre à mieux se connaître."

Cette "académie des forces spéciales" prend aussi en compte une partie de la formation des officiers. Tous les lieutenants de la brigade se retrouveront lors de stages communs. Ils y apprendront ce que sont les opérations spéciales et des savoir-faire spécifiques comme l’aérocordage ou le marquage opérations spéciales. Fin 2016, les capitaines quitteront pendant deux semaines le centre d’études et de renseignement de l’armée de Terre pour apprendre à commander une Task unit (TU). Pour apprendre à conduire une mission spéciale, ils devront prendre en compte les contraintes de chaque spécialité constitutive d’un groupement de forces spéciales (action, renseignement, aérocombat, transmission et logistique).

Au CFST, le besoin en formation spécifique est en constante augmentation. Le centre Arès est chargé de mutualiser ces formations et de trouver les spécialistes de l’armée de Terre les plus aptes à les dispenser. À Pau ou directement dans les unités, les opérateurs des forces spéciales auront à leur disposition des stages aussi variés que le NRBC, la cyber défense ou le tir Javelin par exemple.

Dernière attribution de ce nouveau pôle académique : l’entraînement. Arès est dorénavant chargé de la programmation de tous les exercices nationaux et internationaux. Sur place, il dispose du centre de tir adapté, un complexe capable de reproduire toutes les configurations de combat en zone urbaine. Déjà utilisé pour valider les "task units" de contre-terrorisme et libération d’otages de nos unités, l’aménagement d’une nouvelle zone permettra d’effectuer des tirs plus lointains et d’accueillir plusieurs groupes en même temps. Des situations plus complexes pourront générer un travail de coordination entre différentes entités plus abouti.

Faciliter les synergies

"Notre centre Arès va faciliter la synergie en interne, mais aussi à l’extérieur de la brigade, explique le LCL Mathieu. L’arrivée de 25 instructeurs supplémentaires va permettre à l’armée de Terre de mieux nous connaître à travers la formation et la certification OPEX pour les unités du groupement d’appui aux opérations spéciales (GAOS). Le but est de pouvoir les engager le plus rapidement possible à nos côtés en opérations, dans les meilleures conditions."
Autre élément "visible" du pilier FS, le GAOS (voir page suivante) permet au CFST de disposer de spécialistes des forces conventionnelles utilisés en fonction des besoins en opération.

"Le CFST va nous donner plus d’efficacité, affirme le général de Nortbécourt. Une boucle décisionnelle plus courte, car plus près du CEMAT, mais aussi une véritable "professionnalisation" de notre formation. Le pilier FS nous place de manière durable au cœur des préoccupations majeures de l’armée de Terre. Ainsi, parce que nos missions sont naturellement interarmées et de plus en plus interalliés, nous en devenons, de fait, les meilleurs ambassadeurs."

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