Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale
GIGN
Leur
première règle : le respect de la vie
Une
unité ou la force est mise au service de l'intelligence.
Les
gendarmes du GIGN interviennent une soixantaine de fois par an
pour résoudre des situations de crise, comme les prises
d'otages, les forcenés, les arrestations à hauts
risques ou contre les mutineries dans les prisons. Ils ont développé les
techniques de négociations pour repousser au maximum le
recours aux armes. La qualité primordiale de ses hommes
est avant tout l'humanité, avoir un sens et un respect
de la vie, malgré tout ce que l'on peut croire.
L'image des supermans est totalement déplacée, ce sont le plus
souvent des pères de famille et ils sont tout l'inverse des bêtes
de guerre que peuvent faire passer les médias. A savoir que leurs aptitudes
psychiques sont aussi importantes que leurs aptitudes physiques.

- Historique
Suite à la
tragédie de Munich en 1972 où une délégation
israélienne avait été prise en otage par
un groupe de terroristes palestiniens et qui s'était finie
par un carnage dû à l'inexistence à l'époque
d'unités spécialisées en Allemagne.
La France examina avec grand intérêt les solutions qu'elle pourrait
apporter pour lutter contre ses attaques difficiles à prévoir
et à éviter. C'est pour cela qu'en novembre 1973 le GIGN
fut créé pour pouvoir en cas de crise intervenir avec des hommes préparés
toute l'année, protégés et armés en conséquence,
pour prendre le minimum de risque. Mais c'est le premier mars 1974 que l'unité était
véritablemment opérationnelle.
Le
1 mars le GIGN atteignait un réel niveau opérationnel
et le Lieutenant de l'époque, Christian Prouteau en était
le chef. A peine dix jours plus tard le groupe était mis à l'épreuve
pour interpeller un groupe terroriste à Ecquevilly. L'action
exécutée avec succès prouva à la
gendarmerie nationale l'utilité de cette unité spécialisée.
A l'époque le GIGN était séparé en
deux groupes l'un à Maisons Alfort l'autre à Mont
de Marne respectivement GIGN I et GIGN IV, mais par la suite
les 118 membres furent regroupés pour mieux réagir
face à des actions de grande ampleur.
Aujourd'hui
le groupe est basé à Satory aux côtés
d'autres groupes de gendarmerie dont les Légions de Gendarmerie
Mobile (LGM). Le groupe fait actuellement parti à part
entière du GSIGN (Groupe de Sécurité et
d'Intervention de la Gendarmerie Nationale).

- Le
Groupe
Entre eux ils ne disent jamais le GIGN mais "le groupe" un sentiment
d'appartenance que l'on retrouve dans tous les détails du vocabulaire
ou de l'intervention. Ils se tiennent toujours par l'épaule en intervention
ou à l'entraînement. D'un point de vue psychologique c'est important,
pour sentir toute la force et l'esprit de groupe.
Une
cohésion totale existe entre les membres sur un geste
ou un regard ils se comprennent et sont aptes à intervenir
en totale coordination. Une confiance totale existe entre les
membres. Leur force c'est le groupe, mais individuellement chaque
gendarme est entraîné et préparé à de
nombreuses situations délicates.
Cela
fait 30 ans que le groupe existe et ses résultats sont
spectaculaires, de nombreuses vies de sauvées du côté des
otages ou des individus interpellés.

- Structure
Le groupe pour une meilleure stabilité s'est réparti les tâches
par spécialités, nous pouvons y retrouver 4 groupes d'interventions,
une cellule de négociation, de matériel spécial (mécanique,
vidéo ou armement), ainsi que des gendarmes spécialisés
dans l'instruction des membres d'unités étrangères. Des
membres peuvent aussi se spécialiser dans le parachutisme, le tir longue
distance, dans la plongée, les explosifs ou le pool cynophile.
La
diversité des spécialisations permet au groupe
de répondre à de nombreuses demandes d'interventions
sans manquer de compétences ou de matériels.
Le
groupe vu ses spécificités d'actions est obligé de
se doter de matériel modifié ou Hi-Tech le
plus souvent sélectionné ou mis au point par une
cellule étude et prospective, l'une des parties cachées
du groupe.

- La
sélection
La
sélection des membres est draconienne et très sélective
il n'y a pas que l'aspect physique qui est abordé mais
aussi la force mentale et surtout le contrôle de soi. Les
futurs membres sont tous pris dans la gendarmerie en qualité de
sous-officier ou d'officier et doivent avoir effectué au
minimum 5 ans de service. Lors du passage des tests les instructeurs
poussent à bout les volontaires pour connaître et
voir leurs limites, même s'il y a quelques fois des accidents
mineurs (entorses ou fractures).
Les volontaires sont mis dans des situations de stress pour voir se développer
leurs instincts de survie. Traverser d'un bassin pieds et mains liés
ou enfermement dans des pièces remplis de gaz lacrymogène sont
seulement une petite partie des tests que les volontaires doivent subir. C'est à ce
moment là que de nombreuses personnes abandonnent.
Il
ne faut pas oublier non plus les tests écrits pour connaître
la capacité culturelle et professionnelle du candidat.
Des rencontres avec les chefs de l'unité et des négociateurs,
pour connaître le profil personnel de l'individu. Après
de nombreux tests, dont beaucoup que je ne connais pas, il ne
reste plus que 7 à 8 % des volontaires, et ces derniers
partent pour 2 mois de cours intensifs dans toutes les matières
qui pourront servir au groupe.
Pendant cette période les admis s'habitueront au matériel complexe
du groupe, et apprendront à reconnaître l'armement, et des séances
intensives de tir pour s'habituer au rythme dynamique qu'ils retrouveront plus
tard aux entraînements. Toute cette période est en fait un long
test et les personnes qui y réussissent ont l'honneur d'obtenir le brevet
GIGN durant une prise d'armes.
Les
sélectionnés ne sont pas intégrés
directement pour des missions mais doivent s'imprégner
de l'ambiance et se mettre au niveau de leurs collègues
qui ont déjà plusieurs années de service
dans le groupe.

- L'entraînement
Le
groupe à lui tout seul peut tirer jusqu'à 1 million
de cartouches par an, soit à peut prêt 60% des cartouches
utilisées par la gendarmerie nationale.
Les entraînements sont quotidiens et sont toujours revus et débriefés,
pour toujours améliorer sa technique et ses méthodes d'actions.
Les membres peuvent s'entraîner à tous types de situation car
leur base se compose des bâtiments désaffectés, parfaits
pour les mises en situation.
Mais
rien ne prépare les hommes à ce qui les attend
en intervention c'est pour cela que les membres doivent se donner à 100%
pendant les entraînements pour être aptes au maximum
en missions réelles.
Le commandant dès la création du groupe a voulu disposer de ses
propres infrastructures de tir pour un entraînement le plus prêt
du lieu de casernement. C'est pour cela que le stand de tir est souvent en
service pour ne pas perdre les automatismes.

Même
si l'utilisation des armes en missions est très rare les
hommes doivent être de très bons tireurs, car s'ils
en ont besoin ils doivent pouvoir effectuer un tir précis
pour sauver la vie d'un otage ou d'un collègue.
La
neutralisation à mains nues est aussi une technique très
employée notamment pour désarmer un individu par
surprise et le sport choisi pendant leurs exercices est le Krav-Maga,
alliant attaque et défense c'est un sport d'origine israélienne
et instruit à des nombreuses unités dont l'armée
de "Tsahal". Mais le groupe reçoit très
souvent des professeurs de sports de combat, apprenant ainsi
de nouvelles techniques et mélangeant les styles.
- Quelques
missions
- Le groupe libère 30 enfants d'un autobus pris par des terroristes
du FLCS (front de libération de la côte somalienne) à Djibouti
en 1976.
- Libération des fonctionnaires d'une ambassade au San Salvador en 1979.
-
Arrestation d'un commando corse dans l'hôtel Flechen 1980.
-
Libération d'otages à Guipry en 1989.
-
Libération des personnels retenus dans la prison de Moulins.
-
La protection des J-O d'hiver à Alberville en 1992.
-
Des opérations développées en Bosnie entre
1992 et 1995.
-
En décembre 1994, libération de 164 passagers du
vol A 300 de Air France dans lequel 4 terroristes du GIA algérien
avaient posé des explosifs; une mission qui propulsa le
groupe devant les médias internationaux. Le groupe acquit
ainsi une réputation mondiale.

-
Arrestation aux Comores du mercenaire Bob Denard en 1995 aux
côtés d'unités du COS.
Les
missions si nombreuses et secrètes que l'on ne peut pas
toutes les notées, le groupe est intervenu depuis sa création
plus de 1000 fois pour des situations de crise et toujours avec
le même professionnalisme mais a aussi connu un mort en opération
et neuf à l'entraînement.
- Hommage
. Raymond
PASQUIER
. Jacques HENRI
. Jean-Louis MAUSSION
. Tonio CAPOCCELLO
. Patrick BERTEAU
. Jean-Michel PIGNON
. Eric ARLECCHINI
. Jean-Louis PRIANO