GIGN - Groupe d'Intervention Gendarmerie Nationale

"S'engager pour la vie"

Créé il y a 40 ans pour faire face à la menace terroriste, le GIGN est une unité d'élite dont l'expertise est mondialement reconnue. Formation dédiée au contreterrorisme, elle se distingue par son adaptation permanente à la menace.

- Création

Les événements de 1972 font naître dans de nombreux pays, une réflexion sur les problématiques de lutte contre les agressions terroristes. La prise d’otages qui se déroule en septembre 1972 aux Jeux Olympiques de Munich (Allemagne) en est le catalyseur le plus marquant. Mais la réflexion est déjà dans les esprits depuis quelque temps et dès novembre de cette même année, la gendarmerie propose de créer, en région parisienne, un commando destiné à lutter contre la piraterie aérienne, constitué “à partir d’éléments sportifs entraînés” et “dont l’intervention pourrait être demandée sur l’ensemble du territoire national“.

A sa création le 1er Mars 1974 , le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) est scindé en deux :

- le GIGN 1 , basé à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), descendant de l'ECRI (Equipe commando régionale d'intervention) créée au sein de l'escadron 2/2 de gendarmerie mobile

- le GIGN 4 , basé à Mont-de-Marsan (Landes), au sein de l'escadron 9/11 parachutiste de gendarmerie mobile

Les deux unités sont regroupées en 1976 à Maison-Alfort, au sein d'un seul GIGN, déplacé en 1983 à Versailles (Yvelines).

En 1984 , les capacités antiterroristes de la gendarmerie se développent et un GSIGN (Groupement de sécurité et d'intervention de la gendarmerie nationale) est créé, qui intègre le GIGN , l'escadron 9/11 parachutiste rebatisé EPIGN (Escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale) et le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la république) créé en 1983 pour assurer la sécurité du chef de l'Etat. Enfin, en 1985, est créé le groupe instruction, qui portera par la suite les noms de centre de formation puis de GISA (Groupe d'instruction et de sécurité des activités).

Dans un souci d'adaptation permanente de l'outil de contre-terrorisme à la menace, une importante réforme est engagée en 2007 . Elle conduit à la création d'un nouveau GIGN, à la date du 1er septembre 2007, qui incorpore désormais au sein d'une même unité le GIGN de 1974, l'EPIGN, le détachement gendarmerie du GSPR et le GISA.

- Recrutement

Officiers et sous-officiers de carrière (environ 4 ans après la sortie d'école) sont sélectionnés au sein de toutes les unités de la Gendarmerie nationale. Ils doivent répondre à des exigences physiques, psychologiques et médicales spécifiques. Tous doivent être aptes à la pratique du parachutisme et âgés de moins de 34 ans à la date des tests de sélection. Épreuves de sélection : les candidats, regroupés lors de deux sessions nationales annuelles, effectuent une semaine de tests (épreuves individuelles ou de groupe, questionnaires de personnalité, entretien, mises en situations...).

- Formation

Les candidats sélectionnés suivent ensuite un pré-stage de 3 mois au cours duquel ils sont évalués quotidiennement dans différents domaines.
A l'issue de cette période, ils abordent une formation de 8 mois durant lesquels ils sont formés aux différentes spécificités du Groupe.

A la fin de ce parcours, ils intègrent la Force « Intervention ». C'est seulement après 2 à 3 années d'expérience qu'ils peuvent éventuellement, s'orienter vers une des autres forces.

- Structure

Depuis l'origine, les hommes du GIGN se sont engagés dans des opérations célèbres et sur des zones de crise multiples en France comme à l'étranger, libérant ou évacuant plus de 600 otages et 700 ressortissants français et étrangers menacés.

  • Le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale est implanté à Versailles Satory (Yvelines). Il est ainsi structuré :

    - l'état-major commandement : cabinet, chargés d'étude, cellule communication, cellule relations internationales, secrétariat, cellule réserves.
    - l'état-major opérationnel: dédié exclusivement aux opérations : spécialisé dans la gestion de crise, la négociation, l'évaluation, audit.
    - l'état-major de soutien : ayant en charge les aspects administratif, financier, logistique et la gestion des ressources humaines

    - la Force intervention
    - la Force sécurité/protection
    - la Force observation / recherche
    - la Force appui opérationnel
    - la Force formation

- A l'épreuve du Temps

Le GIGN n'a depuis cessé d'adapter sa doctrine en matière de contreterrorisme. Les tueries planifiées sont aujourd'hui dans sa ligne de mire.

Moscou (Russie) en 2002, Beslan (Russie) en 2004, Bombay (Inde) en 2008, Utoya (Norvège) en 2011, Nairobi (Kenya), In Amenas (Algérie) en 2013 et Paris en 2015. Autant de dates et de lieux qui ont marqué l'opinion publique ces dix dernières années. Au-delà de l'émotion que ces événements ont engendrée, le GIGN a su en tirer les leçons. Les attaques terroristes ont changé de visage.

Les modes opératoires ont évolué. Prises d'otages de masse, attaques simultanées par des petits groupes, phénomène de « loup solitaire ». Face, notamment, aux tueries planifiées, le Groupe s'est adapté.

La première étape, cruciale, est une véritable course contre-la-montre.

Cette « guerre du temps » impose de répondre le plus rapidement possible à la menace. « 25 personnes sont prêtes à partir à tout moment en moins de 30 minutes. Projetables partout en France ou à l'étranger, par voie routière ou aérienne, elles constituent le détachement d'intervention d'urgence », explique le commandant la Force d'intervention (F.I.).

Cette première vague, composée d'une section de la F.I. appuyée par des personnels d'autres forces (moyens spéciaux, dépiégeurs d'assaut, soutien médical, transmissions), est prête à monter à l'assaut dès son arrivée sur les lieux. " Cette capacité à agir immédiatement, avec une planification très réduite, fait partie des évolutions du Groupe. Des enseignements ont été tirés de la tuerie du centre commercial Westgate, à Nairobi ou de l’île d'Utoya. » À l'époque, les policiers norvégiens étaient arrivés en face de l'île rapidement après le début de l'attaque mais ils avaient attendu d'être organisés et de connaître leur cible pour passer à l'action. Pendant ce temps-là, Anders Breivik avait abattu 69 étudiants, soit pratiquement 2 par minutes. « En résumé, nous n'attendons pas d'avoir toutes nos capacités pour agir. Le premier détachement se prépare à évoluer en autonomie, sous le feu ennemi. Et à faire cesser la tuerie le plus rapidement possible. »

Ensuite, des capacités sont agrégées au fur et à mesure de l'opération. « Face à ce type de crises extrêmement violentes, qui se déclenchent de façon très rapide et qui peuvent malgré tout durer dans le temps, la clé de notre organisation repose sur une montée en puissance de nos capacités et un engagement par vagues successives des composantes de l'unité.

En moins de 2 heures, un deuxième contingent de la F.I. est prêt à partir avec des moyens lourds », précise l'officier. Puis, selon l'ampleur de la crise, tous les personnels disponibles peuvent être mobilisés. C'est l'autre atout du GIGN : toutes les forces de l'unité sont capables d'être engagées sur des opérations de contre-terrorisme.

« Des renforts de la Force sécurité protection (FSP) sont prêts à compléter la colonne d'assaut pour lui permettre de continuer sa progression. Ils sont alors en charge de sécuriser une zone, de gérer les otages et les blessés ou encore d'apporter des moyens complémentaires. » D'ailleurs, tous les stagiaires du GIGN suivent dorénavant une formation en contre-terrorisme. Cette synergie est travaillée quotidiennement lors des missions de moyenne intensité. Par exemple, la FOR et la F.I. peuvent être engagées ensemble sur des go fast, la FSP et la F.I. sur des missions de sécurisation lors d'opérations extérieures. « Ce travail en interforces permet de gagner en efficacité ».

- Des procédés éprouvés

Les méthodes d'intervention ont évolué en même temps que la menace. Ainsi, les gendarmes s'entraînent à intervenir dans des lieux enfumés, comme c'était le cas à Bombay. Des techniques de dépiégeage d'assaut ont aussi été élaborées afin de pouvoir neutraliser ou éviter des pièges en urgence, sans ralentir la progression de la colonne d'assaut. « Nous étudions également les possibilités d'infiltration dans les bâtiments avant de lancer l'assaut », explique un Capitaine. De plus, les techniques, tactiques et matériels mis en oeuvre dans le contreterrorisme sont éprouvés tous les jours lors d'opérations de moindre ampleur. « Cet engagement quotidien permet de préparer la crise majeure. Et d'être prêts le jour J.

Air, terre, mer : le GIGN sur tous les fronts

La gendarmerie est leader sur le Contre-terrorisme aérien (CTA) et maritime (CTM). Elle est engagée au titre de la compétence territoriale sur le Contre-terrorisme ferroviaire (CTF). Le Groupe organise chaque année un exercice « majeur » dans chacun de ces domaines. Exécutés dans les conditions du réel, ces exercices permettent aux gendarmes d'élite d'entretenir leurs capacités et ainsi d'être prêts à intervenir à tout moment. Des exercices intermédiaires sont organisés mensuellement. Des spécificités existent selon le « terrain ».

Pour le CTM, le Groupe travaille en coopération avec les commandos Marine. Les gendarmes sont responsables de l'assaut et les commandos de la reprise du bâtiment. En matière de CTA et CTF, le GIGN est à la fois leader sur l'assaut (F.I.) et sur la reprise du vecteur (FSP-FOR). Ces entraînements permettent aussi aux gendarmes de se familiariser avec les nouveaux types de matériels utilisés (avions, locomotives ...) et de développer des outils spécifiques.

Dernier exemple en date, le véhicule « Sherpa » qui permet d'atteindre le pont supérieur d'un Airbus A380. Pour pouvoir agir rapidement, le GIGN s'appuie aussi sur la Cellule audits et dossiers d'objectifs (Cado). Elle a pour mission de récupérer des informations sur tous les vecteurs sensibles (trains, avions, bateaux ...) sur lesquels le Groupe serait susceptible d'intervenir.

FI - Force d'Intervention

La force est dans le groupe

La Force intervention est l'unité d'assaut du GIGN. Les hommes qui la composent sont capables de s'engager en tout temps et en tout lieu, lors d'opérations de contreterrorisme ou de police judiciaire ou administrative complexes. La FI est composée d'une centaine d'hommes, répartis en quatre sections, deux à dominante chuteur opérationnel et deux à dominante plongeur d'intervention. « Mis à part ces capacités de projection, chaque section est structurée à l’identique, en groupes tactiques, et a en son sein les mêmes capacités d'intervention, leur permettant d'agir en autonomie ou de façon coordonnée sous les ordres du chef de la FI. selon la mission ».

La force dispose également d’une cellule évaluation des opérations, en charge du suivi des missions, ainsi qu’une cellule préparation opérationnelle, chargée de l’organisation d’entraînements majeurs. La préparation à la mission de contre-terrorisme est un enjeu permanent de la FI. « Notre objectif est de pouvoir répondre à n’importe quel type de situation dans des délais restreints, en adaptant au plus juste le volume de force engagée.

Nous basons notre organisation sur la complémentarité et la modularité des moyens mis en oeuvre ». Ainsi la FI réalise chaque année une soixantaine d'opérations complexes et variées, telle que la gestion de prises d'otages, de forcenés, d'extorsions de fonds, de tentatives de braquage ou d'interceptions de go-fast.

Chaque semaine, deux sections de la FI sont d'alerte. La première, qui fait partie du détachement d'intervention d'urgence, est prête à s'engager en moins de 30 minutes. La seconde, intégrée au détachement d'intervention judiciaire, dans les deux heures. Si tous les gendarmes de la FI sont formés à l'intervention spécialisée, ils acquièrent ensuite des spécialités dites fondamentales : tir longue distance, négociation, effraction, franchissement, maître de chien et infiltration silencieuse.

« On part toujours avec toutes ces capacités, qu'on les utilise ou non, pour être en mesure de réagir au moindre cas non conforme. » La force, c'est le collectif Les militaires d'alerte s’entraînent en section constituée, tandis que les autres sont en entraînement individuel ou par spécialité.

« Ce qu'on attend d'un opérationnel de la FI, c'est un sens de l'engagement au feu mais aussi au quotidien. Ils se doivent d'être exigeants envers eux-même, ce qui fait l’excellence du collectif. L’humain est une composante essentielle du dispositif ». Ils doivent aussi savoir faire preuve d'initiative et être stables émotionnellement. « Aussi fortes soient-elles, les individualités laissent place au collectif en opération. » C'est cela avant tout la force de la FI

FOR - Force Observation Recherche

Mission renseigner

Héritière des capacités du Groupe d'observation recherche (GOR) de l'Escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale (EPIGN), la Force observation recherche (FOR) du GIGN est née dans le cadre de la réorganisation en 2007 pour développer une vraie expertise dans la recherche opérationnelle du renseignement.

Elle intervient dans les affaires les plus sensibles en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Parce que les réseaux criminels et terroristes sont toujours plus structurés, plus efficients, nous nous devions de nous doter d'une entité capable de concentrer un haut niveau tactique et technique » Entité nationale, elle apporte un appui opérationnel de pointe au profit des unités de recherche pour des missions de police judiciaire ou administrative.

La Force comporte aujourd'hui 40 gendarmes répartis en deux sections, elles-mêmes divisées en deux groupes. Cette organisation permet flexibilité et adaptabilité aux différentes situations rencontrées. « Nos missions peuvent durer de quelques jours à plusieurs mois. Nous pouvons travailler dans la profondeur comme dans l'urgence et nous adaptons nos modes d'actions et nos schémas d'engagement ». Avoir un temps d'avance.

Très sollicitée, la FOR est engagée toutes les semaines. Le renseignement incriminant est aujourd'hui plus difficile à acquérir. Dans les dossiers d'importance, dès lors que les investigations traditionnelles ne suffisent plus, la FOR est engagée selon une stratégie définie conjointement avec les enquêteurs. Disposant pour cela de moyens dédiés, la FOR est appuyée par les experts techniques de la FAO pour le déploiement d'équipements haut de gamme d'investigation spécialisée. Le reste du temps est consacré à la préparation opérationnelle et à l'élaboration de nouvelles tactiques et techniques.



« Nous devons faire face à de plus en plus de contre-mesures (contrefilature, brouillage ...) de la part des criminels. À nous d'innover pour les contourner et conserver un temps d'avance sur l'adversaire. C'est une véritable partie d'échecs. » Savoir s'adapter Chaque équipier de la FOR possède un socle commun de compétences qu'il partage avec les gendarmes du Groupe. Il se spécialise ensuite au sein des différentes cellules de la force : camouflage, filature, prise de vue opérationnelle, tracking, intrusion ...

Sur le terrain, intégré dans un dispositif tactique, l'équipier doit être en capacité d'être un capteur de renseignement à tout moment et dans toute situation. Il faut savoir passer du maquis corse au bitume d’une cité, d'un hôtel miteux à un palace, sans se faire remarquer. Savoir se fondre dans le paysage, c'est la clé. « Nos membres doivent faire preuve d'une grande autonomie et d'une forte capacité d'initiative. De par leur position sur le terrain, une action déterminante de leur part peut déboucher sur l'acquisition d'un renseignement décisif pour l'enquête ».

FSP - Force Sécurité Protection

« Toutes les missions sont sensibles. Sur toutes, le risque est prégnant », déclare le lieutenant Pierre P., adjoint au chef de la force sécurité protection. Irak, Côte d'Ivoire, Mali, Libye... les 35 militaires qui composent la force agissent la majeure partie du temps à l'étranger, dans des pays où une crise est imminente ou avérée.

Protéger dans des pays en crise

Quand la situation dans un pays devient tellement sensible que se pose la question de la sécurité de ses représentants (diplomates et personnels des ambassades), une équipe de la FSP est envoyée sur place avec, à sa tête, le chef de la force. Ces experts de la protection procèdent en premier lieu à un audit de sécurité. L'intervention de spécialistes dans de nombreux domaines (recherche et destruction des explosifs, moyens spéciaux, etc.), permet de fournir une analyse la plus complète et précise possible d'une situation de crise. « L'audit va permettre de proposer une évolution de la sécurité passive (caméra) ou active (protection renforcée de la personnalité via la présence de TEASS), etc. » Selon l'intensité de la menace, un plan de défense est mis en place sous le commandement du GIGN. L'audit peut conclure, si la situation est dégradée, au besoin d'une présence permanente des personnels du GIGN, comme c'est le cas en Irak depuis 2004. Enfin, quand la situation est critique, il peut être décidé de l'évacuation de l'ambassade. La dernière date d’août dernier : dans un contexte très tendu, les gendarmes de la FSP présents en Libye ont été rejoints en quelques heures par des renforts du GIGN. Débarqués à Tripoli, ils ont rapidement évacué 20 personnels de l'ambassade de France et une dizaine de gendarmes, agissant de façon complémentaire au sein d'un dispositif des forces spéciales françaises.

Polyvalence, autonomie, réactivité

Les situations dans un pays en crise ou en guerre s’avèrent très sensibles. Dans ces territoires hostiles, l'équipe du GIGN agit en totale autonomie. « Nous devons être capables de tout faire nous-même et de faire face à toute difficulté. Nous sommes formés au secours au combat, à l'utilisation d'armements collectif et individuel, aux transmissions, notamment pour baliser les véhicules de l'ambassadeur », déclare le LTN Pierre P.

Agir en interministériel et en interarmées

L'atout de la FSP réside également dans sa capacité à agir au quotidien avec les personnels du ministère des Affaires étrangères, tout en ayant une complète maîtrise des méthodes militaires. « L'interaction au quotidien avec le monde civil ne nous pose aucune difficulté, il fait partie de notre identité de gendarme. Tout comme nos méthodes militaires qui facilitent la coopération sur le terrain avec les autres armées. Nos savoirs militaires nous permettent d'utiliser au mieux les vecteurs aériens de l'ALAT ou une section d'infanterie », ajoute le LTN Pierre P. Reconnaissance d'une plage propice à une évacuation par la mer, par un plongeur du GIGN, ou repérage d'une zone de poser d'hélicoptère par un chuteur opérationnel... La formation militaire particulièrement poussée de chacun des personnels de la FSP est un atout pour ces missions périlleuses.

FF - Force Formation

La Force formation (F.F.) participe à la formation des unités intermédiaires sur lesquelles le GIGN a un contrôle opérationnel. Environ 300 opérationnels en plus du GIGN sont ainsi concernés. Elle conduit également chaque année une cinquantaine d'actions de formation au profit d'unités étrangères.

La Section formations nationales et internationales (SFNI) regroupe un pool d'experts dans différents métiers, principalement l'intervention, la protection et le tir longue distance. Aux niveaux national et international, elle forme des militaires, des policiers et des civils. En interne gendarmerie, elle assure la formation de tous les militaires affectés au sein des Pelotons d'intervention inter-régionaux de la gendarmerie (PI2G) et des Groupes de pelotons d'intervention (GPiom) en outre-mer. Dès 2015, les officiers de ces unités seront d'ailleurs formés à l'intervention spécialisée au même titre que les sous-officiers, avec des modules de commandement spécifiques à la gestion de crise. La formation initiale des vingt Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), soit environ 900 personnels, et leur recyclage tous les deux ans, sont quant à eux conduits par la section formation des cadres de la F.F. Depuis l'été 2014, tous les gendarmes nouvellement affectés en PSPG suivent un stage de quinze jours au GIGN pour acquérir les actes élémentaires du combattant. Depuis deux ans, des formateurs-relais, également formés pendant deux semaines au GIGN, ont été intégrés au sein de chaque unité. Enfin, dès l'an prochain, tous les commandants de PSPG seront formés à la gestion de crise et à l'organisation d'un P.C. de crise.

FAO - Force Appui Opérationnel

Une force transverse

Véritable laboratoire opérationnel, la Force appui opérationnel (FAO) est partie prenante de toutes les missions du GIGN. Elle propose des solutions sur-mesure et bien souvent uniques aux besoins exprimés par l'ensemble des forces.

La mission des sept cellules qui la composent consiste à concevoir et à mettre en œuvre des capacités décisives qui permettent au GIGN d'apporter une réponse opérationnelle globale et la plus exhaustive possible sur l’étendue de son champ missionnel. Force totalement transverse, la FAO est un vivier d'expertises et de moyens uniques ou rares mis à la disposition des autres forces du Groupe afin de leur permettre de remplir le contrat opérationnel de l'unité.

Les sept cellules de la FAO, soit une trentaine d'experts, proposent et développent des capacités très pointues : acquisition technique du renseignement pour la section des moyens spéciaux, ouverture fine, effraction avec usage d'explosifs, NRBC-E, dépiégeage d'assaut, atelier technique d'adaptation opérationnelle et maîtres de chiens « explos ». Elles ont une triple vocation : l'engagement opérationnel, le conseil aux autorités, l'aide à la décision et la réalisation d'audits, la veille technologique et la recherche et le développement, en lien avec la CIPA - Cellule Innovation Prospection et Achats.

La FAO est ainsi souvent décrite comme étant le décupleur de capacités du Groupe. À l'exception de la Cellule technique d’adaptation opérationnelle (CTAO), dont le recrutement très spécifique privilégie la technicité, l'ensemble des cellules vient en appui des forces au cœur des opérations. Le recrutement est propre à chacune. Si l'appui est un tronc commun, leurs différentes technicités les lient davantage à certaines des forces. La FAO forme par ailleurs des référents de niveau intermédiaire dans ses différents domaines de compétence au sein des forces. On trouve ainsi des relais effraction et des dépiégeurs de contact au sein de la FI, mais aussi des relais ouverture fine au sein de la FOR.

La Section des moyens spéciaux (SMS)

Les militaires de la SMS sont partie prenante de toutes les missions du GIGN, en France comme à l'étranger. Intégrés dans les alertes de la FI et de la FOR, ils sont engagés quotidiennement dans des missions de P.J. ou de P.A. Ils apportent également leur concours ponctuellement à la FSP en matière d'audits ou de mise en sécurité de sites. Leur expertise en matière d'acquisition technique du renseignement de contact et à longue distance permet d'obtenir des avancées souvent décisives dans les enquêtes, mais aussi d'optimiser la sécurité des personnels d'intervention.

Cellule effraction

Ouvrir une brèche à l'explosif dans tout type d'obstacle et permettre une intrusion fulgurante de la colonne d'assaut, telle est la mission de ces gendarmes passés maîtres dans l'art de manier les explosifs. Le but n'est pas de démolir l'obstacle, mais d’y créer une brèche en limitant au maximum les dommages collatéraux.

La Cellule technique d'adaptation opérationnelle (CTAO)

Au sein de cet atelier pluridisciplinaire, deux militaires travaillent le bois, le métal, le tissu, les matériaux composites et la peinture sous toutes ses formes pour transformer, adapter, améliorer ou créer des matériaux, des camouflages et des équipements uniques et sur-mesure, en réponse aux besoins spécifiques exprimés par les différentes forces. Ils conçoivent notamment les « enveloppes » ou « intégrations » visant à camoufler les capteurs (vidéo, son) ou autres matériels déployés sur le terrain. La cellule se doit d'être en phase avec les enjeux opérationnels du Groupe.

Cellule ouverture fine

À l'opposé de la cellule effraction, la cellule ouverture fine est spécialisée dans l'ouverture sans trace de tout type de serrures (véhicules ou domiciles). Son action permet notamment, dans un cadre légal bien défini, une intrusion discrète afin de poser des capteurs (son et vidéo). Elle peut également être engagée sur une crise majeure pour permettre la progression discrète des éléments d'intervention.

Cellule NRBC-E

Ces spécialistes NRBC-E (Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique - Explosifs) sont en mesure de préciser la nature de la menace à laquelle les opérationnels pourraient être confrontés, de proposer des solutions d'équipement ou de protection adaptées et de définir la conduite à tenir en atmosphère contaminée. Ils ont par exemple été engagés en RCA aux côtés de la FSP afin de réaliser un audit dans un laboratoire sensible de Bangui.

Cellule dépiégeage d'assaut

Les dépiégeurs d'assaut ont une mission majeure et particulièrement sensible : ouvrir la voie à la colonne d'assaut et lui permettre de progresser au plus vite et sans dommage en désamorçant les éventuels engins piégés.


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