Histoire
Il est l'héritier
direct de la compagnie Merlet, compagnie de reconnaissance
constituée de marins volontaires en décembre
1944 pour aller combattre les Japonais. La compagnie Merlet
participera à la campagne d'Italie avant de rejoindre
Arcachon pour partir combattre en Indochine au sein de la
Brigade Marine d’Extrême Orient à compter
d'octobre 1945.
Elle prend le nom de Compagnie Jaubert en mémoire
du capitaine de frégate François Jaubert (officier
Fusilier Marin blessé mortellement le 25 janvier
1946 devant Tan Huyen, en Indochine française) puis
elle deviendra le 1er janvier 1948 la première unité
commando de la Marine Nationale sous le nom de commando
Jaubert. Il est considéré comme la matrice
des commandos Marine.
Aujourd'hui
Le commando Jaubert
est un corps militaire. Son chef de corps est un officier
supérieur. Il est sous le commandement organique
de l'amiral commandant la FORFUSCO. Il fait partie des unités
employées par le Commandement des opérations
spéciales depuis 1992.
Basé à
Lorient, le commando est spécialisé dans l'action
spéciale offensive en milieu terrestre ou maritime,
le contre terrorisme et la libération d'otages.
Il comprend notamment
un groupe CTLO (Contre-terrorisme et libération d’otages),
comme le commando Trepel et le commando Hubert.
Missions
Dès son
origine (unité de contre-guérilla en Indochine)
le domaine capacitaire du commando Jaubert alliait le combat
terrestre à l'environnement maritime et fluvial,
et même la troisième dimension puisque les
marins de Jaubert ont fait leurs premiers sauts en Indochine
en 1953.
Les opérations conduites par le commando en Algérie
jusqu’à l’indépendance renforcent
cette culture de la guerre irrégulière, la
maitrise du combat terrestre (y compris en zone désertique
et montagneuse) mais aussi celle du combat aéromobile
né de la coopération entre les commandos Marine
et les hélicoptères de l’aéronavale
des flottilles 32 et 33F. On attribue à ce groupement
'Marine" interarmes l’émergence de ce
nouveau concept (les hélicoptères étant
précédemment utilisés principalement
pour des fonctions logistiques) qui démontra son
efficacité et fut adopté par les autres armées
françaises et étrangères.
Le commando Jaubert
a entretenu au fil des ans cette triple culture (mer - terre
- air) et présente aujourd’hui la capacité
à agir comme unité d'action offensive lors
d' "Opérations Spéciales" à
terre, en mer ou de la mer vers la terre, éventuellement
depuis les airs.
Opérations
offensives à terre
Pour cela, il est structuré en cellules de combat
cohérentes (groupes d'action spéciale) qui
comprennent l'ensemble des qualifications "métiers"
lui permettant d’opérer en autonomie : opérateurs
commandos rompus aux techniques et tactiques de guerre spéciale,
utilisation de tous types d'armes, spécialistes en
démolition, renseignement, en franchissement, médics
et infirmiers, tireurs d’élites, pilotes de
4x4 légers et lourds, rope master, moniteurs parachutistes,
plongeurs...
Comme tous les
commandos, Jaubert est déployé régulièrement
à Djibouti pour maintenir son savoir-faire en combat
désertique et tenir l'alerte des commandos marine
en océan Indien.
Opérations
maritimes
Dans le domaine maritime, il domine tout particulièrement
les techniques d'assaut à la mer de bâtiments
en route libre, par assaut nautique ou héliporté
pour les missions de Police en mer (contre-piraterie, contre-terrorisme,
opérations de lutte contre le narco trafic, pêche
illégale, protection de chargements ou de bateaux
sensibles...) où la maîtrise de la force est
nécessaire.
Contre-terrorisme
Le commando Jaubert est également engagé dans
un plan national de contre-terrorisme. Cette particularité
oriente la sélection et l’entraînement
de son personnel. Son groupe de Contre-terrorisme et de
Libération d'Otages (CTLO) (anciennement Groupe de
Combat en Milieu Clos - GCMC), joue à ce titre le
rôle de premier échelon, renforcé par
les autres groupes de combat du commando.
Le commando Jaubert
participe également aux opérations de formation
des unités de forces spéciales étrangères
dans les domaines de l'action terrestre, maritime, aéroporté
et aéromobile. Il entretient également des
relations étroites avec plusieurs unités de
forces spéciales partenaires, sur chacun des continents.
Actions
Notoires
Depuis 1962,
le commando Jaubert continue à participer à
de nombreuses opérations. On citera parmi les plus
connues ces dernières années :
Oryx en Somalie
(1993)
Opération Artimon et Iskoutir à Djibouti et
en mer Rouge
Opération Balbuzard et Sharp Guard en Adriatique
Opération Germon dans le golfe de Gascogne
Opération Azalée aux Comores (1995)
Opération Alba en Albanie récupérations
de ressortissants occidentaux et reconnaissance de plages
avec le commando Hubert (1997)
Des sources
ouvertes mentionnent que le commando Jaubert faisait partie
des forces spéciales qui sont intervenues lors de
la libération du voilier le Ponant en 2008 (Opération
Thalatine).
Le commando Jaubert
fut également déployé en Afghanistan
à multiples reprises. Un de ses officiers mariniers
(sous-officier) a été tué, le 14 juillet
2011, au cours d'une opération dans la vallée
d'Alassaï (province de Kapisa).
Fanion
Titulaire de
huit citations, dont trois par filiation, son fanion porte
la croix de guerre 1939-1945 avec une étoile de bronze,
la croix de guerre des Théâtres d'opérations
extérieurs avec six palmes et la croix de la valeur
militaire avec une palme. Il porte également les
fourragères à la couleur du ruban de la Légion
d'honneur, aux couleurs du ruban de la Médaille militaire
et aux couleurs du ruban de la croix de guerre des Théâtres
d'opérations extérieurs. C'est l'unité
élémentaire (équivalent compagnie)
la plus décorée de France.
Les six autres
commandos Marine sont héritiers de ses traditions.
Ils ont le droit au port de la fourragère à
la couleur du ruban de la Légion d’honneur
avec une olive aux couleurs du ruban de la médaille
militaire-croix de guerre 1939-1945 et une olive aux couleurs
du ruban de la croix de guerre TOE.