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SAS Britanniques : Histoire des commandos

SAS Britanniques

À l'automne 1941, l’Afrika Korps, mené par le général allemand Erwin Rommel, est sur le point de gagner la guerre en Afrique du Nord. Son aviation et ses chars repoussent les Britanniques vers l’Égypte.
Mais un homme a une idée pour ralentir les troupes du Renard du Désert, David Stirling, 24 ans, le fils d’un propriétaire terrien écossais.

Renvoyé de l’université de Cambridge, David Stirling veut tout d’abord devenir artiste, puis s’entraîne pour vaincre l’Everest car il a une passion pour le risque et le jeu.

Quand arrive la guerre il entre dans les commandos de la brigade de la Garde.

Une fois formé, il est envoyé au Moyen-Orient dans l’unité spéciale Layforce. En 1941, la Layforce est engagée dans plusieurs raids en Afrique du Nord, puis, elle est dissoute et ses hommes sont répartis dans d’autre unités.
Stirling impatient d’en découdre avec l’ennemi prend part à un parachutage non autorisé qui tourne mal. En sautant il est aspiré par la trainée de l’avion, en s’ouvrant, son parachute s’accroche à la queue de l’appareil qui arracha une partie du tissu, il descend alors beaucoup plus vite que ses camarades et est gravement blessé.

C’est sur son lit, à demi paralysé, qu’il élabore le concept du SAS. Il est convaincu que des petits groupes bien entrainés, peuvent faire des ravages derrière les lignes ennemies.

À l'hôpital Stirling exposer sa nouvelle idée au général Dudley Clarke qui mène déjà des opérations de désinformation dont l'une des idées consiste à parachuter des mannequins derrière les lignes ennemies afin de lui faire croire que les Britanniques ont des troupes aéroportées en Afrique du Nord.

En effet, les Allemands ont déjà démontré l’efficacité des parachutistes pendant l’invasion de la Crète et les Britanniques sont impatients de faire de même, mais, en Angleterre, les premières unités sont toujours à l'entraînement. Par égard pour le soutien de Dudley Clarke, Stirling inclut dans son projet les parachutistes dans sa proposition, mais, il sait qu’il aura beaucoup de mal à vendre son idée à l’état-major militaire.

Stirling met en avant l’extrême rentabilité du SAS indiquant que dans une opération de commando traditionnelle, il faut 100 hommes pour attaquer une cible. Dans son projet, il propose de diviser ce nombre par 4 en créant quatre unités SAS de 25 hommes.
Stirling, toujours en convalescence, vient exposer son plan au quartier général du Moyen-Orient au Caire. N’ayant pas d’autorisation, on lui refuse l’entrée. Il franchit alors le mur d'enceinte en utilisant ses béquilles comme échelle. Les gardes le repèrent et se lancent à sa poursuite, mais, il réussit à se barricader dans un bureau. Par un heureux hasard, il s’agit du chef d’état-major adjoint du général Neil Ritchie, qui lit avec intérêt ses notes griffonnées au crayon. On transmet l’idée au commandant en chef du Moyen-Orient, le général Claude Auchinleck qui l'approuve et Stirling reçoit le feu vert pour recruter 65 hommes et officiers.

Pour son unité, Stirling choisit un nom emprunté à la troupe fictive de Dudley Clarke : détachement L, 1re brigade SAS.
Cette dénomination est destinée à faire croire à l’ennemi que les Britanniques possèdent une présence aéroportée conséquente en Égypte.

Bien que supposé secret, le tout nouveau SAS, est déjà la proie des caméras et des photographes officiels. Cependant, Stirling est déterminé à prouver que le SAS est plus qu’une ruse astucieuse.

L’entrainement est rigoureux et original. Il a besoin d’un type particulier de soldats, et il se tourne vers des hommes aux côtés desquels il a combattu, les commandos des Scots Guards. La plupart d’entre eux sont encore dans les camps du Moyen-Orient où on les a envoyés après la dissolution de la Layforce. Stirling sait aussi quels officiers il souhaite.

Le premier est le capitaine Paddy Mayne. Avant la guerre Mayne est un célèbre joueur de rugby irlandais de niveau international, à présent, c’est un combattant non moins réputé. Il a fait partie du 11e commando, et avait mené à bien une opération en Syrie. Quand Stirling le recrute, il est en prison, pour avoir mis KO son commandant en chef, en attendant de passer en cours martiale.

Jock Lewes, un autre officier que Stirling veut recruter dans sa 1re équipe de SAS s’avère être un personnage très différent. En apparence tranquille et studieux, Lewes a étudié à l’université d’Oxford avant la guerre, mais Stirling sait ce que cache ce caractère. C’est Jock Lewes qui met au point les méthodes d’entraînement du SAS, et qui les expérimente lui-même.

Dans les formations militaires ordinaires, la décision revient au seul officier, ce n’est pas le cas dans le SAS de Stirling. En effet le simple 2e classe, ignorant de tout, était traité d’égal à égal dans l’équipe.

La hiérarchie militaire a autorisé Stirling à recruter et à former sa propre unité, mais elle ne lui a pas fourni de cantonnement, cependant, pour les hommes formant les SAS ce n’est pas un problème. Ils s’installent à Kabrit [archive], une étendue de sable située au bord du canal de Suez. Comme il n’y avait pas de cantonnement à cet endroit, la première mission du commando fut donc d’en voler un. Le matériel, des tentes, le piano, le bar et le reste..., pratiquement tout le campement, furent volés dans un grand campement néo-zélandais, situé à 3 km de là, qui étaient partis opérer dans le désert.

En novembre 1941, les Alliés sont prêts à lancer une offensive majeure contre l’Afrika Korps de Rommel. Le SAS se voit confier une tache capitale.

Les premières missions

C’est le 16 novembre 1941 que le SAS effectue son 1er raid en soutien à l’opération Crusader, lors du dégagement de Tobrouk.
Ils doivent être parachutés, par 5, derrière les lignes ennemies dans le secteur Tmimi-Gazala, pour attaquer les terrains d’aviation et anéantir la supériorité aérienne de l’Axe. Puis, ils rallieront un point de rendez-vous où les hommes du Long Range Desert Group (LRDG) les récupéreront.

Le LRDG est une unité d’élite de reconnaissance créée en 1940 par le commandant Ralph Bagnold. Leur tâche consiste à pénétrer loin derrière les lignes ennemies pour collecter des renseignements vitaux. Leurs Chevrolet emportent assez d’essence, d’armement et de rations pour tenir trois semaines et couvrir 1 900 kilomètres de désert. Les premières ont été réquisitionnées à l’armée égyptienne et chez les concessionnaires locaux de Chevrolet. L’objectif principal du LRDG est le renseignement, mais, ils ne ratent aucune occasion de s’attaquer aux positions de l’Axe, faiblement défendues.

Tandis que sa création se prépare pour sa première mission, Stirling a toujours des détracteurs au QG du Moyen-Orient, qui veulent sa perte ou celle des SAS. Alors qu’une gigantesque tempête de sable se lève, sa hiérarchie propose d’abandonner la mission. Stirling est confronté à un dilemme, car, si le SAS recule, il offre à ses ennemis l’occasion de le dissoudre. Mais, un parachutage en pleine tempête pourrait causer la mort de nombreux hommes. Pour tous ces membres de la première heure du SAS, la décision est évidente. Tous estiment que c’est une mission suicide, mais, la survie du SAS en dépend.

La mission est un désastre, les 65 hommes sont parachutés à partir de deux avions, au cœur de la tempête, ils sont très dispersés et loin de leur cible. Beaucoup de matériel est perdu, les commandos se retrouvent vite à cours d’eau, manquent d’explosifs... Moins d’un tiers des hommes, 21 hommes sur 65, dont David Stirling, Paddy Mayne, Jock Lewes, Bob Bennett1 et Reg Seekings1, parviennent au point de récupération, les autres sont tués ou capturés.

Pendant l’attente au point de rendez-vous avec le commando de reconnaissance du désert, Stirling discute avec David Lloyd Owen et, petit à petit, une idée germe. Le parachutage n’a rien donné, mais, si les patrouilles du LRDG peuvent récupérer le SAS après une opération loin derrière les lignes ennemies, pourquoi ne l’y emmènerait il pas ?

Le LRDG conduit les rescapés du SAS à l’oasis Siwa où la chance sourit à nouveau à Stirling. Au début, l’opération Crusader se déroule bien, mais les troupes en marche se retrouvent débordées par Rommel, le Renard du désert. Il s’en suit une féroce bataille de chars qui stoppe l’offensive. Personne n’a le temps de se préoccuper d’un petit groupe comme le détachement L du SAS. David Stirling saisit cette chance de sauver la jeune unité. Il intègre discrètement ce qui reste du SAS dans un bataillon écossais, ils mendient, ils empruntent et ils volent ce dont ils ont besoin.

Fin novembre 1941, le LRDG ramène Stirling et la poignée de rescapée des SAS, alors stationnés à Siwa et Koufra à l'oasis de Jalo sans la moindre autorisation.

Le 8 décembre 1941, Stirling et Mayne, quittent Jalo avec 7 véhicules du LRDG de la patrouille rhodésienne, et mènent, 3 jours plus tard, deux raids SAS sur des aérodromes de l’Axe à Syrte et Tamet.

Le 10 décembre, c’est au tour de Jock Lewes et Bill Fraser de partir sur El Agheila et Agedabia.

Le 14 décembre, à Syrte, Stirling trouve l’aérodrome désert et revient sans aucune perte, tout en attaquant une auberge servant de point de ralliement aux officiers supérieurs italiens.
La même nuit, à Tamet, Mayne a plus de chance. Mayne et ses hommes posent des bombes incendiaires sur les appareils, et en détruisent 24.

Deux jours plus tard, à El Agheila, les SAS trouvent également l’aérodrome désert. L’aérodrome n’étant finalement qu’un point de transit, aucun appareil n’y stationnait la nuit. Lewes décide alors d’aller déposer 30 bombes incendiaires dans un parc de transport anéantissant un nombre considérable de camions ennemis.

Le dernier raid SAS qui eut lieu le 21 décembre 1941, sur l’aérodrome de Agedabia, mené par le lieutenant Bill Fraser est encore plus fructueux avec 37 avions détruits sur le terrain.

D’autres raids, porteront le total à 97 avions détruits, mais il y aura un prix à payer. De retour de l’opération, l'une des colonnes est attaquée par un avion ennemi et a 7 tués.

Malgré ces pertes, le pari de Stirling a porté ses fruits, contre toute attente le SAS a survécu à ses premiers mois d’existence.
Après un bref répit à Jalo, à Noel 1941, ils partent affronter de plus grands dangers.
La nouvelle année leur apportera une révolution dans leur manière de combattre, leur octroyant plus de victoires, mais, exigeant aussi plus de sacrifices.

Missions en Afrique du Nord

Au printemps 1942, les Allemands et les Italiens ne sont pas préparés à des attaques aussi lointaines derrière leurs lignes. Les premières missions étaient faciles, les sentinelles n’étaient pas sur leurs gardes. Personne ne s’attendait à voir des avions exploser brusquement et un groupe d’hommes tirer à 500 ou 600 km du front. Normalement, à cette distance il n'y a pas d’inquiétude à avoir ; la guerre ne peut pas venir jusque là, mais quand cela arrivait, Allemands et Italiens étaient très secoués.

Mais, déjà, dans ces premiers temps les retours posent des problèmes. Pour le retour, il fallait sortir du périmètre d’action des chasseurs. C’était l’objectif principal. Il y a une autre méthode, qui consiste à se cacher près de la cible et à les laisser s’agiter dans le ciel un moment et 1 ou 2 jours plus tard déguerpir sans bruit. Mais, en général, mieux valait partir sans perdre de temps et s’assurer de quitter la zone d’action des chasseurs. Au pire, les chasseurs ne pouvaient faire qu’un passage et devaient repartir ravitailler, leur rayon d’action étant très limité à cette époque. C’était environ 110 km, ce qui était facile à parcourir dans le désert.

À la fin juin 1942, Rommel semble sur le point de gagner la guerre du désert, il a acculé les Britanniques à El Alamein sur la frontière égyptienne, et ses panzers s’apprêtent a déferler à nouveau pour s’emparer du canal de Suez. La force aérienne est un facteur clé, que ce soit dans la campagne terrestre où les forces de l’Axe possèdent deux fois plus d’avions ou dans la bataille cruciale pour le ravitaillement des troupes. Depuis ses aérodromes de Cyrénaïque, Rommel lance des attaques aériennes sur les convois de transports britanniques qui ravitaillent l’Afrique du Nord et Malte en particulier.

Pour survivre à la guerre du désert, il faut venir à bout de cette supériorité dans les airs. C’est à ce moment précis que David Stirling opère un changement primordial dans la tactique du SAS. Une nouvelle arme fait son apparition dans le désert : la jeep. Stirling voit en elle l’occasion de mettre fin à la dépendance du SAS vis-à-vis du LRDG et de devenir enfin totalement autonome.

Les SAS la modifient en jeep de combat

- ils installent des mitrailleuses d'aviation Vickers jumelées à l’avant et à l’arrière.
- la garnissent d’essence, d’eau, d’outils, de munitions et d’explosifs.
- la suspension est renforcée et chaque jeep est munie de grilles de désensablage.
- la calandre est sciée pour permettre un meilleur refroidissement du moteur.
- les SAS doivent maitriser la conduite, la mécanique et la navigation dans le désert. Ils utilisent le soleil, les étoiles ou l’estime pour traverser le désert dépourvu de repères.

Mais, les avions qu’ils traquent peuvent devenir leurs pires ennemis. L’une de leurs grandes peurs était de se faire épingler par un avion pendant qu’une patrouille terrestre s’approchait, c'est-à-dire être pris entre deux feux.
Face à cette menace, la tactique des SAS consistait à camoufler les véhicules autant que possible, en enterrant les jeeps dans le sable, de façon à ce que rien ne dépasse plus, ou ne projette pas d’ombre. Puis, ils jetaient un filet dessus, s’éloignaient à une cinquantaine de mètres, se cachaient derrière un buisson et attendaient la nuit.

Dirigeant les opérations depuis le front de son véhicule transformé en quartier général, Stirling lance maintenant le SAS et ses jeeps de combats dans une nouvelle série de raids sur les aérodromes de Rommel au moment même où celui-ci prépare ce qui doit être son assaut final. Ils s’enfoncent au cœur des lignes ennemies, mais, à cette époque, encore, ils effectuent toujours l’approche finale à pied, parcourant parfois jusque 80 km.

Le 20 janvier, à Bouerat, le SAS détruit 1 station de pompage de pétrole, 1 dépôt de vivre, 1 atelier de mécanique, 18 cuves de carburant d'une capacité de 20 tonnes, 12 camions et sabote 1 poste de DCA.

Le 3 février, ils détruisent à Derna 15 avions et un stock de torpilles.

Le 8 mars 1942, ils attaquent Barce et Al-Berka.

Le 25 mars, ils sont à Benina.

Le 13 juin 1942, ils attaquent à nouveau Benina et Al-Berka.
Au total, ils détruisent 50 appareils de l’Axe de cette manière avant que Stirling ne modifie encore sa stratégie.

En effet, les Allemands se rendent compte qu’il leur faut améliorer leur sécurité, pour empêcher les SAS de se glisser chez eux. Ils commencent donc à placer de une à trois sentinelles sur chaque appareil, et, bien sûr, ils posent des fils barbelés et des défenses autour des aérodromes.
Les SAS, ayant toujours un coup d’avance, équipent leurs jeeps de mitrailleuses plus performantes.

À partir du début de juillet 1942, le SAS innove une tactique. Les SAS se mettent en deux colonnes, avec 6 jeeps de chaque côté et tiraient ainsi de part et d'autre.

Dans la nuit du 7 au 8 juillet, les aérodromes de Fouka, Bagoush , et El-Daba, tous situés entre El Alamein et Marsa Matruh sont attaqués. À Bagoush Stirling et Mayne dirigent l’assaut tirant sur les appareils au sol depuis leur jeeps.
Lors d’un autre raid, ils utilisent des bombes incendiaires et détruisent 34 appareils, écornant sérieusement la machine de guerre de Rommel.

Le 12 juillet, un nouveau raid sur Fouka, détruit 22 avions, mais le raid sur El-Daba est un échec.

Le 26 juillet, à Sidi Hanesh, Stirling forme 2 colonnes avec 18 jeeps qui mitraillent et détruisent 40 appareils de transports Junkers Ju 52, ainsi qu'une quinzaine d'avions (Junkers, Stukas, Messerschmidts, Heinkels), et une douzaine d'autre gravement endommagés et 2 SAS sont tués. Au retour, repéré par une formation de quatre bombardiers allemands Junkers Ju 87 « Stuka » la colonne est mitraillée tuant l'aspirant français André Zirnheld auteur de la fameuse « prière du parachutiste ».

En septembre 1942, Stirling est élevé au rang de lieutenant-colonel et son unité, officialisée sous le nom de 1er régiment SAS, est incluse dans l’ordre de bataille britannique. David et son frère Bill Stirling en profitent pour créer une série d’unités d’élite en ajoutant également des forces spéciales étrangères aux siennes :

. L’Escadron Sacré qui est une unité grecque qui combat au côté des Britanniques en Afrique du Nord et en mer Égée.
. Les SAS de la France libre, constituent un escadron à eux seuls. Réorganisés et renforcés, les SAS français (2e et 3e RCP) participeront plus tard à la libération de la France.

. Le SBS les forces spéciales marine, est une unité amphibie qui participera aussi à l’offensive en mer Égée. C’est le SBS qui repousse la tentative d’invasion allemande de l’île de Symi.

En août 1942, l'état-major décide que le SAS doit effectuer une série de raids de grande envergure sur plusieurs localités clés tenues par l'ennemi afin "d'occuper" l'Afrika Korps et de contribuer à l'empêcher de passer à l'offensive dans le courant de l'été. L'état-major décide que quatre raids seront effectués :

. Sur Benghazi par David Stirling et les SAS sous le nom d'opération Snowdrop connu également sous le nom d'opération Bigamy
. Sur Tobrouk par le colonel Haselden et une force amphibie sous le nom d'opération Daffodil connu également sous le nom d'opération Agreement.

. Sur l'aérodrome de Barce par le LRDG sous le nom d'opération Hyacinth connu également sous le nom d'opération Caravan
. Sur l'oasis de Jalo par les troupes soudanaises de la Sudan Defence Force sous le nom d'opération Tulip, connue également sous le nom d'opération Nicety.

L'ensemble des 4 opérations a lieu en septembre et se solde par 1 succès, 2 échecs et 1 semi-échec. Comme l’avait prévu David Stirling, les actions commandos et raids sur ordre ne sont pas adaptés.

La seconde bataille d'El Alamein en octobre 1942, annonce le début de la déroute des Allemands et des Italiens en Afrique du Nord.
Pendant que Rommel bat en retraite, David Stirling lance des raids hebdomadaires sur les interminables colonnes allemandes. Il les harcèle le long du trajet entre El Agheila et Tripoli et même au-delà en Tunisie.

Le 8 novembre 1942, les Alliés ouvrent un second front en débarquant au Maroc et en Algérie. C’est l’opération Torch, à plus de 1 600 kilomètres sur les arrières de Rommel.

Stirling voit là une autre opportunité pour le SAS. Il veut passer par la Tunisie pour rejoindre la 1re Armée américaine en menant diverses opérations en route, afin qu’ils s’inspirent de cette méthode de harcèlement, et agir, pour changer de ce côté du front.

Mais, cette tentative de ralliement mène à la catastrophe. Le SAS de Stirling commence à faire des ravages, mais, il doit se ravitailler et se détourne.L’ennemi l’attend.

Dans la nuit du 24 au 25 janvier 1943, David Stirling, le créateur du SAS, est capturé après une trahison des Bédouins.
Il s’évade 4 fois, mais il est à nouveau arrêté. Jugé dangereux, il est expédié en Allemagne, à la forteresse de Colditz.

C’est un coup dur, car si le 2nd SAS de son frère Bill est autorisé à poursuivre ses activités, le reste des forces spéciales qui était sous le commandement de David Stirling, est dispersé. En avril 1943, un des SAS, le 1st SAS, est même scindé en deux unités : le SRS (Special Raiding Squadron) et le SBS (Special Boat Squadron). Le SRS sera toutefois placé sous les ordres de Paddy Mayne.

Missions en Italie

Une fois la guerre gagnée en Afrique du Nord, les Alliés se concentrent sur l’invasion de la Sicile et de l’Italie continentale.
Lors de ses opérations, on attribue au SBS un rôle différent : celui de troupe d’élite de 1re ligne.

Le Special Boat Squadron et le Special Raiding Squadron n’opéraient plus comme des SAS, c'est-à-dire par petits groupes. On leur imposait un rôle de commando, de troupe de choc et ils devaient soutenir le front sur ses points faibles.

En octobre 1943, lors de la campagne d'Italie, le Special Raiding Squadron (SRS) britannique, commandé par Paddy Mayne est chargé de prendre le port de Termoli sur l’Adriatique. Après avoir débarqué avec du retard, le SRS attaque un groupe de soldats allemands près d’une ferme. Mais, ils ont une mauvaise surprise : ils luttent contre la 1. Fallschirmjäger-Division allemande, une unité d’élite, venue de Crète. La prise de Termoli fut terrible. Une ferme, perchée sur une falaise, était l'un des postes de commandement de la compagnie. Les SRS prend un chemin détourné et arrive droit sur la cible perchée sur la falaise, et se retrouvent face à un champ de mines et des barbelés. Ils combattent toute la matinée et finalement les Allemands encore en vie se rendent. Épuisés, les hommes du SRS se reposent un instant. C’est alors que l’artillerie allemande ouvre le feu, une pluie d’obus s’abat sur la ville. Un obus allemand fait exploser des grenades dans un camion du SRS, 22 hommes sont tués. Les Allemands s’acharnent, ils veulent conserver la ville et le port. Le SRS, lui, s’accroche résolument pour garder la ville. Ils seront relevés par l’avancée alliée trois jours plus tard.

Le 2e SAS, qui est aussi à Termoli, mène ensuite des opérations séparées en Italie. Certains SAS sont parachutés derrière les lignes ennemies, où ils détruisent des voies ferrées, font sauter des ponts et entravent le déplacement des forces allemandes et ils effectuent même des raids maritimes, parfois sous-marins qui ajoutent à la confusion (opérations Speedwell, Maple Driftwood, Baobab, Begonia, Jonquil...).

Pendant ce temps, même en captivité David Stirling fait encore des siennes. Détenu, en Italie, dans plusieurs camps de prisonniers de guerre, il s’évade quatre fois, mais il est toujours repris. Il met aussi ses compétences de SAS pour organiser des évasions massives, pas seulement pour renvoyer des hommes en Angleterre, mais aussi pour constituer et soutenir des mouvements de résistance, du style SAS en Europe. Le but était qu’un tiers des évadés devait renforcer la résistance en Tchécoslovaquie. Un autre tiers devait essayer de remonter au nord vers la Suisse. Les autres partaient vers le sud. Mais, il est envoyé à Brunswick, à la citadelle de Colditz, où il finit la guerre, en essayant toutefois d’entrer en contact avec les mouvements locaux de résistance allemande.

Après avoir âprement combattu sur le front, le SRS et le 2e SAS, sont rappelés en Grande-Bretagne.

Au début de 1944, le SRS retrouve son ancien statut de SAS et redevient le 1er SAS afin de préparer le Jour J.

Missions lors du débarquement de Normandie

Au printemps 1944, le général Bernard Montgomery qui commande les forces de frappe alliées du Jour J passe en revue la redoutable brigade SAS désormais commandée par le général Roddy McLeod et composée des :

. 1er régiment SAS, dirigé par Paddy Mayne l’un de ses premiers héros légendaires
. 2e régiment SAS, mené par Bill, frère de David Stirling, auquel succédera Brian Franks
. 3e régiment SAS ou 3e régiment de chasseurs parachutistes, dirigé par le commandant Pierre Chateau-Jobert (Conan)
. 4e régiment SAS ou 2e régiment de chasseurs parachutistes, dirigé par le commandant Pierre-Louis Bourgoin (Le manchot)
. 5e régiment de SAS, escadron de Belges libres dirigé par le major Eddy Blondeel

Les SAS britanniques

À l’approche du jour J, une querelle fait rage sur le bon usage des SAS. Pendant un moment, on estime qu’ils doivent être parachutés en tête de pont, comme troupe tactique en première ligne. C’est ignorer les principes de base selon lesquels le SAS a été forgé et grâce auquel il s’est déjà brillamment illustré. Bill Stirling se bat fermement afin que le SAS garde son rôle stratégique. Ils opéraient sur des cibles capitales, loin de la ligne de front, au cœur de la France. Bill a gain de cause, mais il en paie le prix : il doit quitter le SAS. Son poste de commandant du 2e SAS est confié à Brian Franks, qui jouera dorénavant un rôle capital dans l’avenir de l’unité d’élite.

Tandis que les navires de combat traversent la Manche dans la nuit du 5 au 6 juin, le SAS est déjà à l’œuvre.

L’une de leur premières tâches consiste à tromper l’ennemi. Les Allemands savent qu’une invasion est imminente, mais ils hésitent quant à la localisation et le SAS a pour charge de les induire en erreur. On parachute, tout d’abord, de petits groupes d’hommes sur la Normandie, près des lignes ennemies, mais loin des principaux sites de débarquements. C'est l'opération Titanic IV qui a pour but de créer des diversions en suggérant qu’un important parachutage est en cours. Pour renforcer cette impression, on parachute aussi des dizaines de mannequins à l’effigie de soldats, équipés de pétards et de torches. L’ironie du sort fait que le SAS a été en partie créé pour duper l’ennemi, en lui faisant croire à une force aéroportée britannique importante au Moyen-Orient. Mais, tandis que les troupes, hommes et mannequins, tombent du ciel, la mission prend une mauvaise tournure, leur matériel s’éparpille dans la nature. Ils ne parviennent pas à le récupérer dans l’obscurité, ils sont désorientés, ils sont obligés d’abandonner leur mission et doivent se cacher.

Dans les heures qui suivent, les forces britanniques, américaines et canadiennes débarquent et engagent le combat sur les plages. Tandis que les renforts allemands accourent, les SAS lancent une série d’opérations à revers pour les retarder. L’une d’entre elle est l’opération Bulbasket.

Aux premières heures du 6 juin 1944, le capitaine John Tonkin et plus de 50 SAS sont parachutés entre le 6 et le 18 juin à 250 kilomètres des plages normandes, dans un polygone compris entre Angers, Châteauroux, Limoges et Niort. Quatre jeeps leur sont larguées le 18 juin. Soutenus par les résistants locaux et une équipe du SOE, ils mènent leurs opérations de sabotage. Ils apprennent notamment, grâce à des résistants cheminots, la présence de 11 wagons citernes d’essence destinés à une division de panzers SS, qui a pris la route des plages normandes. Le dépôt est trop bien défendu pour envisager un assaut direct. Les SAS font donc appel aux chasseurs-bombardiers Mosquito. Ces derniers frappent avec précision, piquant sur leurs cibles et anéantissant le précieux carburant. C’est l’un des nombreux coups portés aux Allemands pour empêcher leur contre-attaque pendant la phase clé de l’assaut des Alliés sur les plages normande. L’équipe de Bulbasket mène plusieurs opérations avec succès, mais trahis par des collaborateurs français[réf. nécessaire] à Verrières dans la Vienne, ils sont bientôt capturés. L’un des SAS blessé est battu à mort en public sur la place d’un village. 30 autres sont emmenés dans le bois de Saint-Sauvant pour y être exécutés. La mission des SAS continue jusqu’au 24 juillet. Lors de l’opération Gain, un groupe SAS et les jeeps sont parachutés près de Paris pour couper l’accès ferroviaire à la Normandie, dans une zone couvrant un triangle d’Orléans, Montargis et Fontainebleau.

Pendant les trois ans précédant le jour J, les Britanniques ont aidé à renforcer la Résistance française. Une fois les débarquements en Normandie effectués, cette Armée secrète joint ses forces à celle du SAS. Des équipes dont le nom de code est Jedburghs assurent les liaisons entre elles. Ces groupes de communications de trois hommes sont envoyés en France, peu de temps avant le jour J, pour assurer la coordination des actions de la Résistance. Constitués en majeure partie d’officiers britanniques, américains et français de Londres, ils fournissent les moyens d’optimiser les ressources de la Résistance par le retour d’informations, les demandes d’approvisionnement en armes et la coordination des raids contre les renforts allemands se dirigeant vers les champs de bataille. Le déploiement des équipes du SAS au cœur des lignes ennemies leur confère un rôle de première importance.

L’opération Houndsworth, est l’une de leurs missions caractéristiques. Dès le 6 juin, des hommes du 1er SAS, sont parachutés près de Dijon. Leur objectif est de couper les lignes de communications vitales des Allemands au centre de la France entre Paris et Lyon. Il leur est d’abord nécessaire d’installer un camp de base opérant dans cette région très boisée. L’aspect principal de cette opération est la collecte de renseignements afin de renseigner le haut commandement allié sur les renforts de l’armée allemande ou de son aviation, sur son retrait ou son maintien dans une région, car, après le jour J, ces renseignements étaient d’une aide précieuse. Un groupe avait la surveillance d’une ligne de chemin de fer au sud de Dijon, auquel était mis à disposition 3 escadrons aériens, 1 de Lightning et 2 de Mustang. Si un train passait par là en direction du nord-ouest, ils indiquaient 300 chars, 1 transport de troupe, etc.. Cette information était transmise de la zone D et les avions les attaquaient sur la zone A, afin de tromper les Allemands. Ce travail était bien plus précieux que les embuscades sur les routes et la destruction de certains endroits. Les SAS devaient aussi faire très attention à la population civile, aux représailles telles que celles de Montsauche-les-Settons. Dans les trois mois qui suivent, les soldats SAS de Houndsworth, consolident leur base jusqu'à être plus de 140 équipés de mitrailleuses et d’explosifs. Le SAS lance alors une grande campagne dans la région provoquant le chaos dans les défenses allemandes. Ils détruisent des véhicules, coupent les voies de ravitaillement, et disparaissent aussitôt dans la forêt. Les représailles allemandes sont terribles, et beaucoup de civils français sont pris en otage et exécutés ou envoyés en camps de concentration. Un groupe de SAS a réussi, au moins une fois, à intercepter un convoi transportant des otages français. Ils préparent leur embuscade avec des groupes de résistance locale, placent des explosifs pour arrêter le premier véhicule. Une fois le convoi à l’arrêt, les SAS ouvrent le feu sur l’escorte. Les Allemands sont débordés par la fusillade et les otages civils sont finalement libérés. Les jeeps peuvent non seulement transporter les SAS sur le terrain, mais aussi les tirer d’affaire. Ils se retrouvent fréquemment encerclés et en infériorité numérique.

Trois mois plus tard, l’opération Houndsworth, détient un impressionnant record :

. 22 lignes de chemin de fer détruites
. plus de 200 Allemands tués ou blessés
. 132 prisonniers
. 30 cibles stratégiques repérées pour la RAF et anéanties par les bombardements et les tirs alliés
. le principal transport ferroviaire entre Paris et Dijon est gravement perturbé

Les SAS français

Les SAS français sont aussi très actifs dès le 6 juin. Lors des opérations SAS en Bretagne, 450 hommes réunis sous les ordres du commandant Pierre-Louis Bourgoin, retiennent 150 000 soldats allemands en Bretagne à Saint-Marcel, Morbihan et dans la forêt de Duault, Côtes-d'Armor. Les Allemands finissent par recourir aux lance-flammes pour incendier la forêt autour d’eux. Les SAS en réchappent, avec les Jedburghs et avec la Résistance, ils préparent d’autres opérations de harcèlement et d'armement des maquis. Ils persévèrent malgré les violentes représailles contre eux et contre la population locale, mais la Bretagne est presque entièrement libérée lors de la percée de la 3e armée américaine début août.

Le 2e RCP/4e SAS est réorganisé en septembre en unité motorisée sur jeeps armées et livre sur la Loire, l'opération Spencer qui est un total succès, tandis que le 3e RCP/SAS opère dans le Centre et dans l'Est. A Noël, le 2e intervient dans les Ardennes belges.

En avril 1945, 700 hommes des deux régiments sont parachutés sur le nord de la Hollande (opération Ahmerst). Au prix de pertes significatives, ils libèrent la province, permettant aux blindés canadiens de foncer sur la Ruhr.

À la fin de la Guerre, le drapeau des SAS français est le plus décoré de tous les emblèmes alliés.

Missions en Belgique et Hollande

À la fin du mois d’août 1944, les chars alliés traversent la France en direction des frontières de l’Allemagne nazie. Mais, au moment où les Londoniens pensent pouvoir souffler, Hitler déclenche une nouvelle campagne de terreur. Le 8 septembre 1944, une pluie de missiles V2 s’abat sur la capitale anglaise tuant des centaines de personnes. La mobilité des rampes de lancement des terribles V2 les rendent difficiles à repérer et à détruire. C’est alors qu’intervient le SAS. Un défi nouveau et insolite attend la force secrète d’élite britannique.

V comme Vengeance. Les V2 sont les premiers missiles balistiques utilisés dans une guerre. Apparemment imparable, c’est l’arme miracle d’Hitler. Il espère, grâce à elle, amener les dirigeants alliés à la table de négociation. Les retards dans leur élaboration n’ont permis l’utilisation des V2 qu’à partir de septembre 1944. La percée alliées en France suivant le débarquement en Normandie, ne permet pas de lancer les missiles depuis les positions fixes prévues à cet effet. On utilise, à la place, des rampes de lancement mobile déployées en ½ heure. Leur traque ressemblera étrangement aux opérations SAS qui auront lieu 50 ans plus tard dans le désert irakien. Les rampes de V2 installées aux Pays-Bas lancent leurs missiles sur Londres. L’une des salves les plus mortelles frappe Deptford détruisant un grand magasin Woolworth et tuant 168 personnes. C’est un coup terrible porté à la population, épuisée, de la capitale. La mobilité des lance-missiles rend impossible leur repérage précis sans un renseignement actualisé presque heure par heure. Il faut des hommes au sol, les Britanniques se tournent donc vers l’escadron de SAS belge. Rescapés de la Blitzkrieg de Hitler, ces soldats ont été formés au sein de la compagnie indépendante de parachutistes belges. Ils sont devenus le 5e SAS avant le débarquement. Ils ont été parachutés en France derrière les lignes ennemies durant le Jour J sous les ordres du commandant Eddy Blondeel.

Alors que la percée alliée approche de la frontière belge, le 5e SAS insiste pour obtenir un rôle prépondérant dans la libération de sa patrie. Lorsque la traque des terrifiantes armes de Hitler s’impose, la mission est confiée aux SAS belges sous le nom d’opération Fabian. Un groupe dirigé par le lieutenant Gilbert Kirschen est parachuté dans la région d’Utrecht aux Pays-Bas, en octobre 1944. Ils travaillent avec la Résistance pendant six mois pour collecter des informations sur les déplacements et la localisation des missiles insaisissables, informations qu’ils transmettent à Londres. Ils se déplacent en permanence pour fuir la Gestapo qui les pourchasse. L’opération Fabian devient d’autant plus importante que les V2 commencent à viser la Belgique. En décembre 1944, près de 100 missiles par semaine s’abattent sur le port d’Anvers, un lieu hautement stratégique.

924 missiles au total s’écraseront sur la ville. C’est une offensive dévastatrice, 561 civils sont tués et 291 autres blessés lors d’une seule attaque sur un cinéma. Mais les hommes de l’opération Fabian se voient bientôt attribuer une tâche encore plus urgente.

L’opération Market Garden, une tentative britannique de mettre rapidement fin à la guerre en s’emparant de ponts stratégiques sur le Rhin au moyen d'un parachutage débute le 17 septembre. Elle s’avère être un désastre, les hommes de la division aéroportée sont encerclés près d’Arnhem, beaucoup sont fait prisonniers, mais 2 000 d’entre eux réussissent à échapper à la captivité. Le SAS belge est appelé à la rescousse, pour en localiser le plus possible et organiser leur retour. Au début, on leur donne des vêtements et de faux papiers individuellement ou en petits groupes, pour qu’ils puissent traverser le front. Mais ils sont trop nombreux et on décide de tous les rapatrier en une seule fois. Le commandant Hugh Fraser de l’organisation britannique MI9 chargée des évasions coordonne cette évasion avec les SAS. La mission consiste donc à les rassembler sur le bord du fleuve et d’envoyer des bateaux les chercher. La nuit du 22 octobre 1944, l’opération Pégase est lancée. Tous les parachutistes britanniques rescapés qui ont été retrouvés sont conduits jusqu’au Rhin par la Résistance hollandaise.

Fraser et ses hommes attendent impatiemment sur l’autre rive. Cette nuit-là, au nez et à la barbe des Allemands, 140 hommes réussissent la plus grande évasion de la guerre.

Puis, les hommes de l’opération Fabian reprennent leur quête des redoutables armes de Hitler. Ils resteront derrière les lignes ennemies encore quatre mois, pendant que les Alliés s’enfoncent dans le sud de la Hollande et en Rhénanie. Au début du printemps 1945, l’avancée des Alliés force les Allemands à se replier hors de portée de leurs rampes de lancement. Les derniers V2 tombent sur Londres en mars 1945.

La mission de chasseurs de missiles du SAS s’achève. Après la libération de Bruxelles en septembre 1944, Eddy Blondeel passe ses hommes en revue sur la Grand Place. C’est un moment de grande fierté pour l’escadron belge. Même pendant l’opération Fabian, eux et les autres unités du SAS ont joué un rôle crucial dans la campagne alliée.

Missions en France

Après avoir traversé la Seine, les Alliés accomplissent une avancée extrêmement rapide à travers le Nord de la France et la Belgique. Pour y parer, les Allemands affluent en renfort par trains et sur routes. Pour les entraver, le SAS monte une série d’opérations.

L’une d’elle, très représentative, est l’opération Wallace, une mission d’infiltration en profondeur menée par le commandant Roy Farran. Ils atterrissent sur un aérodrome à Rennes avec 20 jeeps, se faufilent à travers les lignes ennemies au nord d’Orléans et ils roulent sur environ 500 kilomètres pour traverser la France.

Au sud-est de Paris, ils établissent une base opérationnelle près de Châtillon-sur-Seine. De là, les hommes de Farran tendent des embuscades aux soldats allemands et aux convois de ravitaillement, leur infligeant de lourdes pertes et ne déplorant que peu de victimes. Mais, les escarmouches permanentes n’épargnent pas les véhicules de Farran. Après seulement deux semaines, il ne reste à l’unité que 6 jeeps sur les 20 du début. Un largage de jeeps, parachutées depuis des bombardiers spécialement modifiés, leur rend l’avantage.

L’une des missions les plus ambitieuses du SAS sur le sol français est l’opération Gaff 5,6. Son objectif est d’éliminer, ou de capturer, lefeld-maréchal Erwin Rommel, commandant de la défense allemande en Normandie. Elle est dirigée par le capitaine Raymond Couraud , alias Jack William Raymond Lee, un vétéran français de 24 ans qui a déjà servi dans la Légion étrangère et les forces spéciales du SOE et du SAS français. Son équipe hétéroclite se compose de 6 hommes : 1 Anglais (sergent Tom Moore), de 2 ex-légionnaires, 1 Allemand (sergent Max Mark) et 1 Russe (sergent Michel Fedossef), et de 2 Français (sous-lieutenant Robert Raillard, sergent Pierre Durban). Ils sont parachutés en Île-de-France dans la nuit du 26 au 27 juillet 1944. À la suite d'une erreur de largage au-dessus de la Forêt-Sainte-Croix, l'équipe est scindée en deux et le matériel dispersé. Grâce à la résistance locale, ils se rassemblent et récupèrent leur équipement. Aidés par plusieurs résistants, René Maubailly, André Dantonnet, Louis Paulic, Serge Marchais, Lucien Richer et un jeune garçon rencontré en Forêt-Sainte-Croix, ils progressent jusqu'à Beynes, où ils s'installent, au camp militaire de Frileuse. À leur arrivée, début août, ils apprennent que la mission est annulée : Rommel a été gravement blessé en Normandie, par une attaque de la RAF sur sa voiture, le 18 juillet. Alors que 3 hommes sont intégrés au commando (René Maubailly, Serge Marchais et Lucien Richer), Lee décide d'attaquer la Kommandantur deMantes-la-Jolie où séjourne l'état-major de Rommel. La nuit du 9 août, l'infiltration de la Kommandantur échoue et une fusillade s'engage. Ils parviennent néanmoins à dérober des documents et à s'enfuir sans pertes. Le 13 août, aidé par la brigade de gendarmerie de Pontchartrain, le capitaine Lee rejoint la IIIe Armée américaine à qui il transmet les documents volés. Il est rejoint quelques jours plus tard par le reste du commando, qui effectuera encore des missions de reconnaissance jusqu'à la fin août.

Lee rejoint ensuite les SAS français du Morvan. Raillard retourne à son unité SAS d'attache, le 3e Régiment de Chasseurs Parachutistes. Les quatre autres membres réguliers du commando rentrent également en Angleterre. Marchais et Richer intègrent le SAS, dans le 2e Régiment de Chasseurs Parachutistes. Maubailly est grièvement blessé fin août et passera plusieurs mois à l'hôpital.

Anticipant une avancée alliée rapide, Farran déplace sa zone d’opération plus à l’est dans la trouée de Belfort, entre les montagnes des Vosges et la frontière Suisse. Mais, la progression alliée est ralentie et le groupe du SAS se trouve bientôt isolé sur une zone minuscule. Échappant à plusieurs embuscades, ils réussissent à fuir les Allemands et à trouver une porte de sortie lorsque des patrouilles de reconnaissance américaines atteignent la zone.

L’arrêt de la progression alliée a des conséquences plus graves pour les hommes de l’opération Loyton 7. En août 1944, le 2e SAS, commandé par le lieutenant-colonel Brian Franks, est parachuté dans la région des Vosges, dans l’est de la France. Sa mission consiste à s’emparer des cols de montagne et à les tenir jusqu'à l’arrivée des armées alliées. Sur le papier, l’idée est excellente, le terrain très boisé convient à merveille pour ce genre d’opérations. Mais, les problèmes surgissent dès le 1er jour.
Les soldats allemands sont partout dans la région, ainsi que l’impitoyable Gestapo. Bien que la plupart des habitants de la région soit contre l’occupant et que certains prennent d’énormes risques pour aider les SAS, les Allemands sont bientôt sur leurs traces. Les SAS ne peuvent établir de camp de base opérationnel et doivent se déplacer en permanence : les chasseurs deviennent des proies.
L’opération a été prévue pour que le front les rejoigne en deux semaines. Ils resteront là deux mois. Lorsque le 2e SAS peut se retirer début octobre, seul deux hommes ont été tués, mais, 31 manquent à l’appel. Le régiment ignore que leur sort a été scellé par Hitler lui-même, qui a donné l’ordre d’exécuter tous les soldats des forces spéciales capturés, même s’ils sont vêtus de leur uniforme, en contravention complète avec les lois de la guerre. On apprendra plus tard, qu’ils ont tous été torturés avant d’être exécutés. C’est un crime que le régiment n’oubliera jamais, ni ne laissera impuni.

Retour en Italie

Alors que la guerre vit ses dernières semaines, les SAS persévèrent dans ce qui constitue, selon son créateur David Stirling, sa raison d’être : l’action au cœur des lignes ennemies.

Cette fois en Italie. De retour de l’opération Wallace, Roy Farran prévoit de parachuter 50 hommes du 2e SAS entre Specia et Bologne. Il les accompagne avec l’ordre strict de ne pas sauter.

Le 23 mars 1945, au-dessus de la zone de largage, un message urgent est envoyé : mauvaise nouvelle, commandant Farran tombé de l’avion, aussitôt suivi d’un second message : bonne nouvelle Farran portait un parachute.

Les résistants qui accueillent les SAS sont un mélange indiscipliné de nationalistes, de communistes et de prisonniers de guerre russes évadés. Ils s’avèreront tous d’excellent combattants. La tâche de Farran et de ses hommes dans cette opération nommée Tombola, consiste à en faire un bataillon opérationnel et à les mener au combat. Farran se taille une réputation respectable parmi ses nouvelles recrues, lorsqu’il arrange un largage d’armes et de matériel immédiat. Pendant que son équipe se prépare au combat, Farran, qui est un prisonnier de guerre évadé, reprend son nom d’emprunt de l’opération Wallace : Paddy Mac Guinty.

L’opération Tombola a non seulement pour but de couper les voies de ravitaillement et de communication allemandes mais aussi de rejoindre la 5e Armée. L’une de leur action consiste à attaquer de nuit le quartier général d’un corps d’armée allemand à Albinea.
Espérant détruire la base et de surcroît capturer le général commandant en chef de la base, Farran déploie 100 hommes, dont un sonneur de cornemuse, pour le plus grand plaisir des résistants. Une fois l’effet de surprise dissipé, ils ouvrent le feu sur les deux villas abritant le quartier général au son de la cornemuse. Quand les munitions viennent à manquer, Farran ordonne le retrait. Le quartier général est anéanti et 30 Allemands ont été tués, mais le général allemand est malheureusement absent cette nuit-là.

C’est en Italie pendant ces dernières semaines, qu’un membre du SAS reçoit la plus haute distinction décernée à l’unité durant cette guerre. Lors des combats autour du lac Comacchio, le commandant Anders Lassen d’origine danoise, âgé de 24 ans, obtient, le 9 avril 1945, la Victoria Cross et la Croix militaire avec deux barres à titre posthume, en détruisant à lui seul trois nids de mitrailleuses que ses hommes ont isolés.

Recherche des criminels de guerre

Alors que les forces allemandes occidentales se délitent, un grand nombre de soldats est fait prisonniers. La traque des criminels de guerre est alors lancée car pour le SAS, elle revêt des allures d’affaires personnelles en réponse aux exécutions sommaires perpétrées contre les SAS fait prisonniers.

Brian Franks, officier commandant le 2e SAS qui a dirigé l'opération Loyton en août 1944, ordonne à son unité de découvrir ce qui est arrivé aux hommes toujours manquants et de retrouver les responsables. Yurka Galitzine capitaine britannique, d'origine russe, du CROWCASS, est son premier contact. Le groupe de recherche installe son QG dans la ville allemande de Gaggenau et lancent immédiatement leurs recherchent sur des disparus et des coupables, arrivant bientôt à trouver plusieurs pistes.

L’enquête durera jusqu’en 1948 ; certains responsables seront arrêtés et jugés, d’autres courent toujours ...

La fin de guerre

Durant les derniers jours de la guerre en Europe, le SAS est toujours sur le front, ou le devance.
Ses jeeps parcourent les plaines de l'Allemagne du nord, effectuant des reconnaissances pour le 21e groupe d'armées.
Pour certains de ces hommes, le dernier jour de la guerre représente la fin d’un long parcours entamé dans les déserts d’Afrique du Nord. Cependant, alors que leurs anciens ennemis sont jugés et démobilisés, l’avenir de la brigade des SAS reste en suspens.
Parmi les prisonniers de guerre qui rentrent enfin en Grande-Bretagne, se trouve le créateur de l’unité, David Stirling. Il mène campagne auprès du premier ministre Winston Churchill, pour que le SAS rejoigne le front contre le Japon.

Mais, avant que la moindre décision ne soit prise, la question n’est plus d’actualité. La paix entraîne une réduction drastique des effectifs de l’armée britannique, et le SAS est désormais considéré comme superflu. En octobre 1945, quatre ans après sa création, le SAS est dissous.

L'avenir des SAS

Mais le SAS n’est pas prêt à mourir, le lieutenant-colonel Brian Franks qui a succédé en mars 1944 à William Bill Stirling (1911-1983), frère de David Stirling, à la tête du 2e SAS et dont les hommes continuent officieusement de traquer les meurtriers de leurs camarades, mènent campagne pour sauver le régiment.

Dissous en octobre 1945, les deux régiments SAS sont recréés en septembre 1947 et Franks est leur premier commandant en chef, jusqu’en 1950, c’est essentiellement grâce à lui que l’unité de combat d’élite renaît.

Tout d’abord comme unité de l’armée territoriale, répondant au nom de 21e SAS les As du fusil. Cela a suffi à garder intacte la flamme et d'utiliser cette troupe d'élite quand le besoin s’en est fait sentir car le SAS était prêt.

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