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SAS - 22th Special Air Service

Le Special Air Service (SAS) est une unité de forces spéciales des forces armées britanniques, mise au point en 1941 en Égypte par le lieutenant David Stirling alors qu'il séjournait à l'hôpital après un accident de parachute.

Cette unité s'est fait connaître pendant la Seconde Guerre mondiale en se livrant à des raids audacieux menés sur les arrières des lignes allemandes en Afrique du Nord. Pour se renforcer, elle a intégré des unités étrangères, en particulier françaises (1re compagnie de chasseurs parachutistes) et grecque (Sacred Squadron). À la fin de la campagne du désert (Libye, Cyrénaïque, Crête et Tunisie) elle rejoint la Grande-Bretagne pour se restructurer en vue des opérations de libération de l'Europe du sud (Italie) puis du nord (France, Belgique, Pays-Bas) en formant une brigade anglo-franco-belge.

Dissoute à la fin de la guerre, l'unité fut recréée au Royaume-Uni en 1947. Elle est considérée comme l'une des références mondiales en matière de forces spéciales et d'unité de contre-terrorisme.

Sa devise est : "Who Dares Wins" c'est à dire "Qui ose gagne"

Histoire

Le front africain

En 1941, pendant la guerre des Britanniques contre les forces armées italiennes et l'Afrika Korps commandé par Erwin Rommel en Afrique du Nord, un jeune lieutenant écossais propose de former une nouvelle unité destinée à frapper l'ennemi sur ses bases arrières (aérodromes et ravitaillement, entre autres). Constituée de petites unités de commandos, elle ferait preuve d'agilité et de précision. Au départ, ce projet ne fait guère l'unanimité au sein de l'état-major. Le peu d'hommes demandés, la détermination de David Stirling et de son adjoint Paddy Mayne et l'appui du futur maréchal Archibald Wavell viennent à bout des dernières réticences.

La Special Air Service Brigade s'installe donc sur la base de Kabrit, sur les bords du canal de Suez et est constituée d'une soixantaine d'hommes qui forment le L Detachment.

Après des raids menés en collaboration avec le Long Range Desert Group commandé par le futur général David Lloyd Owen CB, où les hommes du SAS font sauter des avions sur les aérodromes italiens et allemands (24 avions à Tamet le 14 décembre 1941, 37 avions le 20), le haut commandement britannique applique à plus grande échelle l'idée de Stirling, et commence à réfléchir sérieusement à l'utilisation de ce nouvel atout. Chaque raid effectué permet de mettre hors d'état de nuire plus de 20 appareils et d'endommager les aérodromes plus efficacement que tous les Groupes bombardiers engagés, avec un moindre coût en hommes (en comptant tout de même les pertes évidentes dues à l'ennemi et au désert).

Devant les attaques du SAS, des gardes sont placés sur les aérodromes pour protéger les avions, empêchant les hommes du SAS de poser leurs bombes. Aussi Stirling équipe-t-il la brigade de jeeps munies de 3 à 5 mitrailleuses chacune, avec lesquelles il lance des attaques surprise qui leur permettent d'avoir momentanément une puissance de feu supérieure à l'ennemi et de détruire les avions, avant de s'enfuir dans le désert. À Sidi Hanneisch (27 juillet 1942), 18 jeeps détruisent une trentaine de Heinkel 111.

Toutefois dans la nuit du 24 au 25 janvier 1943, David Stirling après avoir commandé personnellement plusieurs missions, est capturé en janvier 1943 par les Allemands, au cours d'un raid en Tunisie. Après quatre tentatives d'évasion, il est emprisonné dans la forteresse de Colditz et n'est libéré qu'en 1945.

Les forces spéciales sous le commandement de David Stirling, sont dispersées. En avril 1943, un des SAS, le 1st SAS, est même scindé en deux unités : le SRS - Special Raiding Squadron et le SBS - Special Boat Squadron. Le SRS sera placé sous les ordres de Paddy Mayne.

Les Français libres

Très tôt après avoir commencé ses opérations, Stirling se rend compte que les hommes dont il aurait besoin devraient être formés aux actions commandos. Mais il disposait de peu de temps et prit des hommes qui avaient déjà une formation avancée. En Égypte, il y avait des parachutistes français, trop peu nombreux pour remplir des missions, mais qui ne demandaient qu'à participer à l'effort commun et qui avaient déjà participé à des opérations de destruction en France, comme celle de la centrale de Pessac (mai 1941). Stirling demanda donc à ses supérieurs que ces Français lui soient rattachés.

Le front européen

La SAS Brigade, malgré la capture du lieutenant-colonel Stirling, forme un corps intégré dans les plans de l’État-major. L'unité, placée sous les ordres du général de brigade Roddy Mc Leod, compte désormais quatre régiments (2 britanniques, 2 français) et une compagnie belge.

La Bretagne

Théâtre le plus important de l'engagement des SAS en France, la Bretagne comptait à la veille du débarquement de nombreuses troupes allemandes qui pouvaient renverser le cours de la bataille de Normandie. Les Alliés, soucieux de fixer ces troupes, envoyèrent donc les SAS qui, aidés de la Résistance bretonne, devaient harceler l'ennemi et l'obliger à rester sur place.

Les SAS (qui sont alors près de 450) sont répartis au sein des différents bataillons FFI où ils servent d'instructeurs. Par radio, d'importantes quantités d'armes et de matériel sont demandées et permettent d'armer plusieurs milliers d'hommes. Début août, lorsque les Américains entrent en Bretagne, l'ordre d'insurrection générale est donnée ce qui facilite la progression des unités blindées et la libération de la région.

Le 4th SAS paya cher cette efficacité : 70 tués, 197 blessés sur 450 engagés (sans parler des pertes de la Résistance).

On dénombre plus de 80 opérations effectuées par le Special Air Service durant la Seconde Guerre mondiale qui sont listées dans Liste des opérations du SAS.

Les SAS de l'après-guerre

Guerres contre les guérillas communistes

Avant même la dissolution du QG de la brigade, quelques membres du SAS avaient été affectés à partir de novembre 1945 à l'Allied Screening Commission (Greece), chargée d'indemniser les Grecs ayant aidé les Alliés pendant la guerre. À la suite du déclenchement de la guerre civile grecque, des vétérans SAS formèrent des commandos grecs aux opérations anti-guérilla. D'autres vétérans SAS furent membres d'unités spéciales de la police du mandat britannique de Palestine luttant contre les groupes armés sionistes Irgoun et Lehi. Ces conflits peu connus permirent au SAS d'acquérir une première expérience en matière de contre-guérilla.

L'Irlande du Nord

Les SAS ont été engagés dans le conflit nord-irlandais dès le début des "Trouble", en 1969, le premier déploiement remontant apparemment à 1966. Ce déploiement en vêtements civils à l'intérieur du Royaume-Uni était hors norme pour le SAS, qui voyait l'occasion de tester les techniques contre-insurrectionnelles et contre-terroristes qu'il développait. Les détachements SAS se limitaient à la collecte de renseignement, et pour ce faire, utilisaient parfois des femmes du Women's Royal Army Corps (WRAC) pour le travail en civil, des couples attirant moins l'attention que des hommes seuls. À l'été 1969, le D Squadron du 22 SAS fut déployé en uniforme dans la province. Cependant, la guerre du Dhofar sollicita à partir de 1971 l'essentiel des ressources du SAS, réduisant drastiquement le nombre d'hommes déployés en Irlande du Nord

Le contre-terrorisme

À partir de 1977, chaque squadron du 22 SAS fut chargé à tour de rôle de constituer l'équipe antiterroriste pendant une période de six mois. Cette équipe est appelée Special Projects (SP) team, aussi surnommée « Counter-Terrorist (CT) team » ou « Pagoda Team ». L'escadron est divisé en deux équipes d'une vingtaine d'hommes, appelées « Red Team » et « Blue Team ». L'équipe, en alerte permanente pour réagir à tout incident, alterne des périodes d'entraînement, des déploiements en Irlande du Nord (à l'époque où le SAS y était actif), et des exercices à l'étranger.

L'intervention contre-terroriste la plus connue du SAS est sans aucun doute l'opération Nimrod : il s'agissait de libérer le personnel pris en otage le 30 avril 1980 dans l'ambassade d'Iran à Princes Gate. Après six jours de siège, l'assaut fut ordonné et la gestion de la situation fut confiée par la police au SAS. La « SP Team » du B Squadron descendit en rappel depuis le toit de l'ambassade et entra simultanément par plusieurs fenêtres et entrées du bâtiment. La soixantaine de SAS libérèrent dix-huit des dix-neuf otages, dont deux blessés, en tuant cinq terroristes et en faisant prisonnier le sixième, sans mort de leur côté, mais avec un homme gravement brûlé.

Les Malouines

Le SAS joua un rôle important lors de la guerre des Malouines qui oppose l'Argentine au Royaume-Uni en 1982. Le SAS, en parallèle au Special Boat Service (SBS), exécuta des missions de reconnaissance et d'action commando.

La guerre du Golfe

En 1988, intervient une restructuration indirecte lorsque le ministère de la Défense britannique crée une structure de commandement unifiée pour ses forces spéciales nommé DSF (Directorate of Special Forces), inspiré du modèle américain le United States Special Operations Command, créé quelques mois auparavant.

Lors de l'offensive contre l'Irak en 1991, les SAS réitèrent leurs exploits de la Seconde Guerre mondiale à bord de Land Rover puissamment armées. Leurs missions comprennent l'observation et l'attaque de points importants du désert (postes de commandement en particulier), puis le quadrillage du désert à la recherche des lanceurs mobiles de missiles Scud lancés sur Israël et l'Arabie saoudite.

Les guerres de l'ex-Yougoslavie

Les SAS furent aussi présents dans la guerre en Bosnie-Herzégovine dès novembre 1992, diverses unités prenant place en plusieurs endroits du pays. Il n'y eut pas de participation aux combats, toutefois un squadron entier aurait été infiltré au cœur de Sarajevo en mai 1995 pour une opération visant à libérer une trentaine de soldats britanniques retenus en otages par les forces serbes de Bosnie-Herzégovine. L'opération ne fut pas menée en raison de la libération anticipée de ces soldats quelques jours plus tard.

Guerre d'Afghanistan

Les SAS furent largement engagés dans la guerre d'Afghanistan. Les A Squadrons et G Squadrons (environ 100 hommes) du SAS lancèrent une attaque, fin novembre ou début décembre 2001, sur un camp d'entraînement d'Al-Qaïda près de la frontière pakistanaise. L'opération TT constitue la plus grande mission du régiment depuis la Seconde Guerre mondiale.

Guerre en Irak

La participation britannique à la guerre d'Irak depuis 2003 inclut aussi celle du SAS. Les missions sont proches de celles de 1991 : l'une d'elle concerne, fin janvier 2003, la reconnaissance par des hommes du 22 SAS et de la Delta Force (déposés par un hélicoptère Chinook ayant décollé de Azraq al-Shishan, en Jordanie) de plusieurs sites de missiles Scud repérés par satellites, pour déterminer s'il s'agissait de véritables lanceurs ou de leurres.

Durant leur séjour, les SAS ont perdu sept des leurs et une trentaine furent grièvement blessés.

Organisation

Le Special Air Service Regiment est divisé en trois régiments :

- 21 Special Air Service Regiment (Réserve) basé à Londres
- 22 Special Air Service Regiment, basé à Credenhill près d'Hereford
- 23 Special Air Service Regiment (Réserve), basé à Birmingham

Le 22 SAS est d'active (appartenant à l'armée régulière), alors que les deux autres sont de réserve (Territorial Army). Il est soutenu par des unités de l'Army Air Corps et du Royal Corps of Signals.

Les bataillons sont divisés en "sabre squadrons", plus souvent simplement appelés squadrons (que l'on peut traduire en « escadrons », terme qui désigne des unités équivalentes à des compagnies d'infanterie).

Le 22 SAS

Le 22 SAS est formé de quatre sabre squadrons numérotés A, B, D et G, et d'unités de soutien.

Chaque squadron est en effet formé de quatre sections ayant chacune une spécialité tactique :

- la Boat Troop (section maritime), spécialisée dans les infiltrations aquatiques (kayak, embarcations rapides, etc.) et subaquatiques (mini-sous-marins, nageurs de combat)
- la Mountain Troop (section montagne), chargée des opérations en terrains montagneux et en saisons hivernales
- la Air Troop (section aérienne), formée de chuteurs opérationnels qui maîtrisent aussi bien les techniques HALO que HAHO
- la Mobility Troop (section patrouille) , spécialisée en terrain désertique et en mobilité motorisée

À plus petite échelle, la section (troop) est composée de groupes de combat de base, appelés patrouille "patrols", de quatre membres. La composition de ces patrouilles dépendent des spécialités techniques, c'est-à-dire de la spécialité de chaque membre. Il y a quatre spécialités techniques :

- médecine du champ de bataille, pour pouvoir effectuer des opérations chirurgicales d'urgence
- EOD : explosifs et démolition
- linguistique, c'est-à-dire l'apprentissage des bases de langues étrangères
- transmissions, qui comprend l'utilisation d'appareil de communications et de radios, qu'ils soient britanniques ou étrangers

La maîtrise d'une seconde spécialité par les hommes est officiellement "encouragée", et est une condition quasiment indispensable pour pouvoir effectuer une longue carrière dans le régiment.

Missions

Le SAS est une unité aux missions variées :

- reconnaissance et surveillance pour la collecte de renseignement
- action commando (recherche et destruction d'objectifs-clés dans le dispositif de l'adversaire, capture de chefs de guerre ennemis)
- contre-terrorisme, sur le territoire britannique ou à l'étranger
- actions de soutien et d'influence (formations de militaires étrangers, actions civilo-militaires)

Sélection et formation

Le Major John Woodhouse établi en 1952 un processus d'évaluation et sélection des recrues pour ne garder que les candidats ayant l'endurance et l'autodiscipline nécessaires.

Selon une description datant de 2002, la "Selection course" est organisée au rythme de deux sessions par an, chacune comptant environ 150 candidats initialement. La première phase, dite "Aptitude Phase", dure quatre semaines et sert à dégrossir et éliminer les soldats pas assez motivés ou pas en assez bonne forme physique.

Les soldats passent le "Basic Infantry Battle Fitness Test" : une marche de 12,8 km avec un sac de 25 kg qui doit être faite en deux heures. La première semaine comporte des cours de navigation terrestre et diverses marches dans les Brecon Beacons au pays de Galles. Elle se termine par une marche passant par la montagne Pen y Fan, surnommée la "danse du Fan".

La semaine suivante, les candidats doivent effectuer cinq marches de navigation encadrées par les formateurs, puis, lors de la troisième semaine, cinq autres marches sans encadrement, par groupes de quatre, deux, puis en solitaire. Toutes ces marches doivent être faites dans un temps limite. Au bout de trois échecs, il est renvoyé dans son unité d'origine.

Lors de la quatrième semaine, d'autres marches chronométrées ont lieu, suivies d'une épreuve finale appelée « Endurance », une marche de 64 km en terrain très accidenté, en portant un sac de 25 kg et un fusil à terminer en moins de 20 heures. Au total, les candidats auront marché dans cette phase plus de 445 km de terrain difficile.

La troisième phase est un stage Survival, Evasion, Resistance and Extraction (SERE), que l'on peut traduire par "survie, évasion, résistance et fuite", auparavant appelée Escape and Evasion de quatre semaines comprenant un interrogatoire de 24 heures pendant lequel ils ne doivent pas dire autre chose que leur nom, grade, matricule et date de naissance.

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