Les Services Secrets Français

DGSE - Direction générale de la sécurité extérieure

La DGSE est l’organisme des renseignements extérieurs dépendant du Ministère de la Défense contrairement à son homologue du Ministère de l’Intérieur, la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur).

Ses principaux objectifs afin de garantir la sécurité de la France sont la lutte contre le terrorisme qui représente une menace directe pour le territoire, et le démantèlement de réseaux liés à la prolifération d’armes de destruction massive.
Composée d’un tiers de militaires et de deux tiers de civils, la DGSE est répartie en plusieurs directions : Direction Technique, Direction du Renseignement, Direction de la Stratégie, Direction de l’Administration, et la Direction des Opérations qui est en charge du Service action, sujet de cet article.

Le Directeur Général de la sécurité extérieure est le Préfet Érard Corbin de Mangoux depuis octobre 2008.

Le directeur de la Direction des Opérations est le général Christophe Rastouil depuis le 1er août 2008.

La Direction des Opérations compte plusieurs services :

- le service mission (DO SM), chargé de la recherche de renseignement par moyens humains dans les zones de crise
- le service action (DO SA), responsable des opérations d’action
- le service assistance (DO ASS) chargé de la formation de services étrangers
- le service opérations (DO SO), auparavant appelé service 7 puis service KY, est spécialisé dans le vol d’informations étrangères mais sur le territoire français (ouverture de valise diplomatique, cambriolages, etc.)

- Le Service Action.

- Historique

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets français (DGER puis SDECE) réorganisent un service Action (SA, également appelé « service 29 ») ayant deux bras armés à sa disposition : le « 11ème Choc » et les réservistes du service Action. Le 11ème Choc est le 11ème bataillon parachutiste de choc (11ème BPC) puis 11ème Demi-Brigade Parachutiste de Choc (11ème DBPC) qui fut créé en 1946 et dissout en 1963.

Le SDECE a également à sa disposition une unité de l’armée de l’air, l’Escadrille de Liaisons Aériennes (ELA) 1/56 « Vaucluse », spécialisée dans les opérations secrètes derrière les lignes ennemies. En 1967, elle devient le Groupe Aérien Mixte (GAM) 56 « Vaucluse » et déménage sur la base aérienne 105 "Commandant Viot" d'Évreux.

Enfin, à partir de 1953, Claude Riffaud des commandos-marine et Robert Maloubier du 11ème Choc créent une unité de nageurs de combat, qui se scindera pour donner naissance au commando Hubert de la Marine et aux nageurs de combat du SDECE, basés à Aspretto (Corse).

Après la dissolution du 11ème Choc, le service Action vivotera jusqu’à une revitalisation dans les années 70. De 1974 à 1980, une nouvelle unité, le Groupement Opérationnel (GO) du 1er RPIMa, sera employée pour les missions particulières du SDECE et participera notamment au renversement de Bokassa en Centrafrique en 1979.

En 1985, suite au fiasco du Rainbow Warrior, le centre des nageurs de combat de la DGSE sera transféré d’Aspretto à Quélern, en Bretagne. Fin 1985, le 11ème Choc sera recréé sous le nom de 11ème régiment parachutiste de choc (11ème RPC). Il participera notamment à l'assaut de la grotte d'Ouvéa en 1988, au cours duquel deux de ses hommes seront tués. Il fut dissout le 30 juin 1993.

- Le SA aujourd’hui

Le Service Action compterait entre 900 et 1000 personnes toutes catégories confondues : contrôleurs de missions, cadres administratifs, etc. et bien sûr les agents de terrain.

Le SA est divisé en 3 organismes :

. Le Centre Parachutiste d'Instruction Spécialisée (CPIS) stationné à Perpignan. Les militaires y sont formés pour les missions de guérilla, de contre-guérilla et de commandos clandestins. On apprend à utiliser toutes les types d’armes, les techniques de tir et le maniement des explosifs, en allant du plus basique au plus dangereux. Les hommes s’entraînent dans des conditions qui sont toujours au plus près de la réalité : tir à balles réelles, sauts de nuit, infiltration, exfiltration, techniques de transmission, vie en clandestinité … et vivent en permanence avec une arme chargée.

C’est la force de frappe de la DGSE.

- Le Centre Parachutiste d'Entraînement Spécialisé (CPES) stationné à Cercottes, qui forment les agents clandestins destinés l’infiltration de réseaux.

- Le Centre parachutiste d'Entraînement aux Opérations Maritimes (CPEOM) stationné à Quélern, qui regroupe les nageurs de combat.

Bien que ce soit le domaine de prédilection de la Marine Nationale, ces nageurs sont tous issus de l’armée de Terre. Ces derniers s'engagent au sein du régiment et passent par la suite les cours de nageur. La Marine assure donc uniquement l’instruction de troupes.
Le CPEOM n'est pas composé uniquement de nageurs de combat mais aussi de commandos issus du CPIS et spécialisés dans le transport et les actions maritimes. Ils maîtrisent toute la gamme des moyens de transport maritimes : kayak, jet-ski, voilier, mini-sous-marin, etc.



Il regroupe une centaine de personnes dont 50% d’agents de terrain.
Le concours de nageur de combat est considéré comme un des plus durs au monde. Pour donner un brin d’idée : En 2007, onze candidats sont parvenus à obtenir le brevet de nageur de combat: six marins du CPEOM et cinq terriens du CPIS. L’année précédente s’est soldée par l’abandon de tous les candidats.

Les nageurs de combat sont soutenus par le Bâtiment de Soutien à la Plongée (BSP) Alizé (A645) de la Marine. Auparavant, ce rôle était tenu par l'Isard (A 776), un Bâtiment de soutien de région (BSR) type Chamois.

L’unité aérienne de la DGSE est le Groupe Aérien Mixte 56 (GAM 56) « Vaucluse », doté d’hélicoptères Cougar et d’avions de transport tactiques de type C-160 Transall et DHC-6 Twin Otter. Il peut également emprunter ponctuellement des quadrimoteurs C-130 Hercules aux escadrons de l’armée de l’air. La quasi-totalité de l'effectif du GAM 56 est apportée par l'Armée de l'Air, et sa direction dépend de l’état-major de l’Armée de l’Air, non de la DGSE. Les Cougar du GAM 56 devraient être remplacés par des Caracals dans un futur proche.

- Missions

Le SA opère à différents endroits du globe pour suivre des objectifs divers et variées.
Il participe au renseignement d’origine humaine via des missions de reconnaissance et de surveillance. Les agents peuvent constituer des commandos qui vont opérer en observant leurs cibles discrètement dans des planques ou en menant des filatures.
D’autres opérations sont menées par la DGSE comme la libération d’otages, le sabotage ou l’arrestation de chef de guerre. Pour ce genre de missions, il n’est pas rare que la DGSE collabore avec le COS dans des pays en guerre comme l’Afghanistan, le Kosovo, l’Irak …

Le SA est également chargé de tester la sécurité d'installations françaises sensibles telles que des bases militaires ou des centrales nucléaires.

Il ne faut pas perdre de vue que le SA n’intervient qu’à la demande du plus haut niveau de l’autorité civile ou sur proposition de la hiérarchie militaire. Mais dans tous les cas, seul le « pouvoir » (Président de la République) peut accepter ou non l’emploi des forces du SA.

- Recrutement

Les appels à la candidature se font de manières plus ou moins discrètes : par communiqués sur le site officiel ou encore par le biais des petites annonces de certains journaux.

La sélection pour le SA se fait dans un premier temps sur dossier en fonction des profils recherchés, puis trois jours de tests à Paris. En cas de succès, on accède a une formation d’un an, avec un tronc commun aux trois centres, et un passage dans chacun d’entre eux : on touche aux trois spécialités afin d’être « full qualif » (dans le jargon).

Ceux qui restent au CPIS suivent une formation complémentaire longue et périlleuse : c’est l’entraînement le plus poussé et le plus complet que l’on puisse proposer à une unité d’élite.
Il faut être très professionnel, autonome, savoir prendre les bonnes décisions, ne pas craindre la solitude, et être psychologiquement stable.

N’importe quel soldat de l’armée de Terre peut postuler à la DGSE. Mais le 13ème RDP reste la principale source de recrutement pour le Service d’Action. Les militaires qui en sortent sont des commandos déjà qualifiés pour le renseignement, l’observation et l’infiltration des lignes ennemies. De plus le mental, l’autonomie et l’endurance ont déjà été mise à l’épreuve durant leurs carrières et ils présentent le profil idéal pour intégrer les services secrets.

- Quelques opérations connues

diverses opérations opposées à la Libye de Kaddhafi, y compris le soutien à deux tentatives de renversement en 1977 et 1980

- soutien à la guérilla de l’UNITA de Jonas Savimbi, opposée au pouvoir marxiste de l’Angola

- participation d’éléments du SA en amont de l'opération de Kolweizi (1978)

- renversement de l'empereur Bokassa en République centrafricaine(1979)

. 10 juillet 1985, Affaire du Rainbow Warrior : une équipe de la DGSE fait exploser dans le port d’Auckland (Nouvelle Zélande) le Rainbow Warrior, bateau de l'organisation Greenpeace, faisant une victime, le photographe néerlandais d'origine portugaise Fernando Pereira. Deux agents de la DGSE sont arrêtés à la suite des investigations de la police locale.

. Un soutien à certains groupes de moudjahidines afghans contre les Soviétiques dans les années 80, notamment Amin Wardak et Ahmed Shah Massoud.

. 21 décembre 2004, la libération des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot en Irak. Après leur libération, ils sont « débriefés » au camp de Cercottes.
. 12 juin 2005, la DGSE libère Florence Aubenas en Irak
. 14 juillet 2009, deux "conseillers" de la DGSE en mission à Mogadiscio, où ils apportaient une aide en matière de sécurité au gouvernement somalien, sont kidnappés dans leur hôtel par des shebab, miliciens islamistes. Après un mois et demi de détention, l'un des deux hommes, affirmant se nommer Marc Aubrière, réussit à s'évader dans des circonstances obscures.

Merci à Rob1

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DCRI - Direction centrale du Renseignement intérieur

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est le service de renseignements du ministère de l'Intérieur français, au sein de la Direction générale de la Police nationale, né de la fusion de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et de la Direction centrale des Renseignements généraux (RG). Ce service est opérationnel depuis le 1er juillet 2008.

Selon le communiqué du ministère de l'Intérieur, « la DCRI se veut un “FBI à la française” en matière de renseignement».

- Description

Créée en 1944 pour "lutter contre les activités d'espionnage et contre l'ingérence des puissances étrangères sur les territoires relevant de la souveraineté française", la direction de la surveillance du territoire a subi dès la fin des années 70, une importante évolution liée à l'apparition de deux phénomènes : le glissement des activités d'espionnage du seul secteur militaire vers les domaines économique, scientifique et technique ; l'apparition puis la diversification de la menace terroriste.

En 2008, la DCRI a débuté son existence publique et médiatique avec l'« affaire de Tarnac ».

En décembre 2008, le siège de la DCRI fait l'objet d'un projet d'attentat orchestré par un islamiste de la région parisienne.

- Organsisation

Son siège est situé dans l'immeuble des services de renseignement, ultrasécurisé, inauguré en mai 2007, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

En 2009, elle était composée de 3 306 fonctionnaires, soit la totalité des effectifs de la DST et une petite majorité de ceux de la Direction centrale des Renseignements généraux (RG), dont près de 2 500 policiers dits actifs et habilités Secret défense et 164 commissaires de police. Ces policiers et commissaires habilités sont implantés au siège de la direction (1 616 fonctionnaires à la centrale de Levallois-Perret) et par zone dans chaque département (1 390 fonctionnaires en province).

La DCRI compte un état-major et huit sous-directions.

La France sera découpée en 7 zones de renseignements avec Paris et 6 directions régionales appelées DZRI (Directions de zonages de renseignement intérieur)

* Paris
* Lille
* Rennes
* Metz
* Bordeaux
* Marseille
* Lyon

La DCRI dispose d'un groupe d'intervention propre le GAO (Groupe d’Appui Opérationnel) composée de 18 opérateurs, qui sont aussi des enquêteurs, pour procéder aux interpellations et aux effractions des portes.

- Missions

La DCRI se présente aujourd'hui comme un service de sécurité intérieure dont la fonction essentielle est de rechercher le renseignement de sécurité et de suivre l'évolution diversifiée et incertaine des formes de la menace.

Le décret du 22 décembre 1982 fixe les attributions de la DCRI. La DCRI. a compétence pour rechercher et prévenir, sur le territoire de la République française, les activités inspirées, engagées ou soutenues par des puissances étrangères et de nature à menacer la sécurité du pays, et plus généralement, pour lutter contre ces activités. A ce titre, la DCRI. exerce une mission se rapportant à la défense.

Concrètement, les missions de la DCRI sont traditionnellement de trois types : contre-espionnage, contre-terrorisme, protection du patrimoine économique et scientifique.
De nouvelles menaces de niveau stratégique apparaissent et sont d'ores et déjà prises en compte, telles la prolifération des armes nucléaires, bactériologiques, chimiques et balistiques ou la grande criminalité organisée.


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